Robert, « la gloire qui brille » : d'une dynastie au prénom de 1926
Robert signifie « gloire brillante » : la forme franque Hrodebert réunit hrod, la renommée, et berht, ce qui est éclatant. Porté par les ancêtres des rois capétiens, il se fête le 30 avril avec saint Robert de Molesme. En France, il a connu son apogée dans les années 1920, avant un long déclin.
Hrod et berht : l'éclat de la renommée
La forme ancienne Hrodebert, latinisée en Rodbertus puis Robertus, réunit deux éléments très fréquents dans l'onomastique franque. Hrod signifie « gloire, renommée » ; on le reconnaît dans Roger, Roland ou Rodolphe. Berht veut dire « brillant, éclatant » et se retrouve en finale d'Albert, de Gilbert ou d'Hubert. L'ensemble peut se traduire par « illustre par sa gloire ». Personne ne conteste cette analyse, que reprend Nominis ; seules changent les façons de traduire les deux mots en français.
Le prénom des Robertiens
Au IXe siècle, Robert le Fort, mort en 866 à Brissarthe en combattant les Vikings, donne son nom à la famille des Robertiens, dont sont issus les Capétiens. Son fils Robert Ier règne brièvement sur la Francie occidentale, et le fils d'Hugues Capet, Robert II le Pieux, devient roi des Francs en 996. En Normandie, Robert le Magnifique est le père de Guillaume le Conquérant. Le prénom est donc, dès l'origine, un nom de lignée princière, diffusé ensuite dans toute l'Europe par les réseaux nobiliaires. Aujourd'hui, pour beaucoup de Français, « le Robert » désigne aussi un dictionnaire, baptisé d'après le lexicographe Paul Robert.
Le caractère que lui attribue la tradition
La tradition des prénoms dessine un Robert méthodique et fiable, pourvu de bon sens et d'une autorité tranquille qui s'exerce sans éclats. Les mêmes sources le disent attaché aux traditions, parfois têtu, mais très présent pour ses proches. L'idée de gloire du prénom se traduit ici plutôt en réussite patiente qu'en panache. Rien de tout cela ne relève de l'observation : c'est un portrait symbolique.
Fête : le 30 avril, saint Robert de Molesme
Nominis fixe la fête au 30 avril, pour un moine réformateur bourguignon, Robert de Molesme. Après avoir fondé l'abbaye de Molesme, il lance en 1098 celle de Cîteaux, d'où naîtra l'ordre cistercien, avant de revenir finir sa vie à Molesme ; d'autres calendriers le célèbrent en janvier avec les fondateurs de Cîteaux. Le calendrier romain honore aussi le 17 septembre le jésuite Robert Bellarmin, cardinal et docteur de l'Église, et Nominis recense Robert d'Arbrissel, fondateur de l'abbaye de Fontevraud.
Popularité : un sommet en 1926
Robert est déjà courant en 1900 et sa part parmi les naissances masculines progresse presque continûment jusqu'au milieu des années 1920, un bref creux en 1915 mis à part. L'Insee situe le maximum en 1926, en nombre comme en proportion : le bond de 1920 tient pour partie à la reprise de la natalité, mais la tendance de fond était déjà haussière. Le déclin est progressif jusqu'en 1950, puis rapide. Depuis les années 1990, le prénom se maintient à un niveau très bas mais stable, sans véritable retour.
Roberto, Rupert, Bob : les formes du prénom
| Forme | Langue ou usage |
|---|---|
| Robert | Français, anglais, allemand, polonais |
| Roberto | Italien, espagnol, portugais |
| Rupert, Ruprecht | Anglais, allemand |
| Roparz | Breton |
| Bob, Bobby, Rob | Diminutifs anglais |
| Roberte, Roberta | Féminins |
Le diminutif médiéval Robin, « petit Robert », a pris son autonomie et connaît aujourd'hui en France un succès que Robert n'a plus. Le féminin Roberte a suivi la même génération que le masculin et a disparu de l'état civil dans les années 1980.
Schuman, Badinter, Doisneau, Hossein, Charlebois
Né à Luxembourg en 1886, Robert Schuman est considéré comme l'un des pères fondateurs de l'Europe ; il fut président du Conseil et ministre des Affaires étrangères. Robert Badinter (1928-2024), avocat et garde des Sceaux, a porté en 1981 l'abolition de la peine de mort. Le photographe Robert Doisneau est l'auteur du Baiser de l'Hôtel de Ville. Robert Hossein, acteur et metteur en scène de grands spectacles, était né Abraham Hosseinhoff. Au Québec, Robert Charlebois est une figure majeure de la chanson.
Robert et le maître nombre 33
| R | O | B | E | R | T | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 9 | 6 | 2 | 5 | 9 | 2 | 33 |
9 + 6 + 2 + 5 + 9 + 2 = 33 : le total tombe directement sur un maître nombre, que l'on ne réduit pas. Le maître nombre 33 est associé par les numérologues au dévouement et à la transmission. Roberte atteint 38, qui se réduit au maître nombre 11 ; Roberto, avec 39, aboutit à 3. Ces résultats n'ont qu'une valeur symbolique.
Questions fréquentes
Quelle est l'origine du prénom Robert ?
Robert est d'origine germanique. Il vient de Hrodebert, nom franc composé de hrod, « gloire », et de berht, « brillant ». Il s'est diffusé au haut Moyen Âge dans les familles princières, notamment chez les Robertiens, ancêtres des rois capétiens, puis dans toute la population française.
Quand est la Saint-Robert ?
La Saint-Robert tombe le 30 avril : Nominis y honore le fondateur de Cîteaux. Ceux qui préfèrent le théologien Robert Bellarmin, canonisé au XXe siècle, retiennent parfois le 17 septembre. Les Robin et les Roberte sont souvent fêtés à la même date d'avril.
Pourquoi Robert se dit-il Bob ?
Bob est un ancien diminutif anglais. Robert a d'abord été raccourci en Rob, puis la consonne initiale a été changée par jeu, selon un procédé courant à l'époque, qui a aussi transformé Rick en Dick pour Richard. En France, Bob s'est employé comme surnom plutôt qu'à l'état civil.