Marguerite, de la perle antique aux grandes écrivaines françaises
Marguerite vient du latin margarita, « perle », emprunté au grec margaritês : le prénom signifie donc « perle ». Le même mot désigne en français une fleur des prés. Porté par des saintes et des reines, il se fête surtout le 16 novembre. Vers 1906, il figurait parmi les prénoms de filles les plus fréquents en France.
La perle, de l'Orient à Rome
Les Grecs appelaient la perle margaritês, terme que l'on croit venu d'Orient, sans que la langue source soit établie avec certitude. Les Romains l'ont adopté sous la forme margarita, et c'est avec ce sens que le mot apparaît dans l'Évangile de Matthieu, où il est question de ne pas jeter les perles aux pourceaux et du marchand qui vend tout pour acquérir une perle de grand prix. Devenu nom de baptême chez les chrétiens, Margarita a donné l'espagnol Margarita, l'italien Margherita, l'anglais Margaret et le français Marguerite. Le prénom porte ainsi une image de rareté et de pureté, la perle étant à la fois précieuse et née d'une simple huître.
La fleur qui porte le même nom
En français, marguerite désigne aussi la grande fleur blanche à cœur jaune des prés, Leucanthemum vulgare, et par extension plusieurs fleurs voisines. Le prénom et la fleur partagent la même forme, mais il est difficile de dire lequel a influencé l'autre dans l'usage : les deux sens coexistent depuis longtemps. C'est cette fleur que l'on effeuille en récitant « il m'aime, un peu, beaucoup… », jeu détaillé sur la page consacrée à la marguerite en langage des fleurs. Pour la gemme, voyez la perle. Cette double image, végétale et précieuse, distingue Marguerite de ses diminutifs, qui ne gardent plus que le son.
Perle et fleur : le portrait traditionnel
Les dictionnaires de prénoms associent Marguerite à la délicatesse de la fleur et à la valeur de la perle : une femme sensible et discrète, mais d'une grande force de caractère, cultivée, exigeante envers elle-même et très fidèle en amitié. Les mêmes ouvrages lui attribuent un penchant pour l'écriture, sans doute en écho aux romancières célèbres qui l'ont porté. Ce portrait reste une tradition symbolique, sans lien vérifiable avec la personnalité réelle.
Les saintes Marguerite et leurs dates
Nominis indique trois dates principales. Le 16 novembre honore Marguerite, reine d'Écosse disparue en 1093. Marguerite-Marie Alacoque est fêtée le 16 octobre, et le 12 janvier celle de Marguerite Bourgeoys, surtout au Canada. Il faut ajouter la plus ancienne, sainte Marguerite d'Antioche, fêtée localement le 20 juillet : martyre légendaire, elle aurait été avalée par un dragon dont elle sortit indemne, d'où son invocation par les femmes enceintes. Avec saint Michel et sainte Catherine, elle fait partie des voix que Jeanne d'Arc disait entendre. Nominis mentionne encore Marguerite Clitherow, martyre à York en 1586.
Popularité : un prénom de la Belle Époque
Marguerite est l'un des grands prénoms de la Belle Époque. Selon l'Insee, il atteint son maximum dès 1906, au tout début de la série statistique, et reste très fréquent jusqu'aux années 1920. Le déclin est ensuite continu pendant un demi-siècle : dans les années 1970, le prénom est devenu rare. Contrairement à Margot ou Margaux, Marguerite n'a jamais connu de véritable retour. On observe seulement un léger regain de 1985 environ à 2007, puis un repli à un niveau faible mais stable.
Une famille nombreuse
| Forme | Langue ou usage |
|---|---|
| Margot, Margaux | Français, diminutif et graphie moderne |
| Margaret, Maggie, Peggy | Anglais |
| Margherita, Rita | Italien |
| Margarita | Espagnol, russe |
| Margarethe, Grete | Allemand |
| Malgorzata, Gosia | Polonais |
Les formes courtes françaises ont chacune leur page : Margot et Margaux, ainsi que Rita. Côté contemporaines, Jeanne a connu, elle, un vrai retour, et Madeleine un regain plus modeste. Le tableau montre enfin combien la perle latine a voyagé : du polonais Gosia à l'anglais Peggy, peu de formes laissent encore deviner le mot d'origine.
Des Marguerite qui ont écrit
Marguerite d'Angoulême, dite Marguerite de Navarre, sœur du roi François Ier, est l'auteur de L'Heptaméron, recueil de nouvelles du XVIe siècle. Marguerite de Valois, épouse d'Henri IV, n'a été surnommée « la reine Margot » qu'au XIXe siècle. Au XXe siècle, Marguerite Yourcenar, née Cleenewerck de Crayencour, a choisi un pseudonyme formé sur l'anagramme de son nom ; elle fut en 1980 la première femme élue à l'Académie française. Marguerite Duras, née Marguerite Donnadieu près de Saïgon, a pris pour nom de plume celui de Duras, commune du Lot-et-Garonne proche de la maison familiale où elle a passé une partie de son enfance.
Le nombre de Marguerite
| M | A | R | G | U | E | R | I | T | E | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 4 | 1 | 9 | 7 | 3 | 5 | 9 | 9 | 2 | 5 | 54 |
Les dix lettres donnent 4 + 1 + 9 + 7 + 3 + 5 + 9 + 9 + 2 + 5 = 54, puis 5 + 4 = 9, nombre d'expression 9 lié en numérologie à la sagesse, à l'humanisme et à l'accomplissement. Ses diminutifs n'aboutissent pas au même chiffre, puisque Margot donne le maître nombre 11 : ces calculs relèvent du jeu.
Questions fréquentes
D'où vient le prénom Marguerite ?
Marguerite signifie « perle ». Il vient du latin margarita, lui-même tiré du grec margaritês, d'origine orientale. Le mot désigne aussi une fleur des champs en français. Le prénom réunit ainsi deux symboles, la pureté de la perle et la simplicité de la fleur, et a été porté par de nombreuses saintes, reines et écrivaines.
Quel jour fête-t-on sainte Marguerite ?
Le 16 novembre, avec sainte Marguerite d'Écosse, reste la date la plus courante. On peut aussi retenir le 20 juillet, sainte Marguerite d'Antioche, martyre très populaire au Moyen Âge, le 16 octobre pour Marguerite-Marie Alacoque ou le 12 janvier pour Marguerite Bourgeoys, fondatrice à Montréal.
Marguerite revient-il à la mode ?
Très peu. Alors que Margot et Margaux se sont imposés depuis les années 1990, Marguerite reste rarement donné : l'Insee n'enregistre qu'un léger regain autour de l'an 2000 et un niveau faible depuis. Il garde une image de prénom de l'arrière-grand-mère, que certains parents choisissent justement pour son caractère singulier.