Alfred, un prénom anglo-saxon venu du roi de Wessex
Alfred vient du vieil anglais Ælfræd, formé de ælf, « elfe », et ræd, « conseil » : littéralement « conseillé par les elfes » ou « sage conseil ». Le prénom doit sa renommée au roi Alfred le Grand, fêté le 12 décembre. En France, il a été très donné vers 1900-1920, puis s'est raréfié.
Ælf et ræd : une étymologie germanique
Alfred est l'un des rares prénoms issus directement du vieil anglais à s'être répandus en Europe continentale. Le nom Ælfræd associe deux éléments germaniques courants dans l'anthroponymie anglo-saxonne. Le premier, ælf, désigne les elfes, êtres surnaturels des croyances nordiques et germaniques. Le second, ræd, signifie « conseil, avis, décision », comme dans l'allemand Rat. Les traductions proposées oscillent donc entre « conseil des elfes », « avisé comme un elfe » et « qui reçoit le conseil des elfes ». Nominis mentionne aussi l'interprétation « tout pour la paix », qui repose sur une lecture différente des éléments et reste minoritaire.
Sens et image du prénom
Au Moyen Âge, un tel nom n'avait sans doute plus de valeur littérale pour ceux qui le portaient : les composés germaniques se transmettaient dans les familles comme des blasons. Le sens qui compte, c'est celui qu'a donné le roi Alfred, symbole du souverain lettré qui défend son peuple et fait traduire les livres savants. En France, Alfred était déjà bien implanté au XIXe siècle, et il garde une allure de prénom de notable ou d'écrivain du siècle de Musset. Son diminutif Fred lui donne une version plus décontractée.
Le caractère associé à Alfred
Selon la tradition des prénoms, Alfred est un homme posé, de bon conseil, cultivé, doté d'une ironie discrète et d'une vraie fidélité dans ses amitiés. On lui attribue le goût des choses bien faites et une certaine prudence face à la nouveauté. Le portrait prolonge le sens de « conseil » et la figure du roi savant ; rien d'autre ne le fonde.
Fête : le 12 décembre, saint Alfred le Grand
Nominis fête Alfred le 12 décembre, fête locale de saint Alfred le Grand. Cinquième fils du roi Æthelwulf, né en 848 ou 849, Alfred devient roi du Wessex en 871, organise la résistance contre les Danois et prend en 886 le titre de roi des Anglo-Saxons ; il meurt en 899. Enfant, il avait été reçu à Rome par le pape Léon IV, et il fit traduire en vieil anglais plusieurs ouvrages latins jugés essentiels. Nominis signale d'autres dates : le 15 août pour Altfrid, évêque de Hildesheim mort vers 876, et le 7 janvier pour saint André Bessette, frère québécois né Alfred Bessette et canonisé en 2010.
Alfred dans les statistiques : 1900-1914, l'âge d'or
Alfred figure parmi les prénoms bien établis au début du XXe siècle. D'après les chiffres de l'Insee, il tient le haut du pavé de 1900 à 1914, avec un record en 1910, chute pendant la guerre, se redresse partiellement au début des années 1920, puis entame un long déclin. Dès les années 1950, il devient peu courant, et à partir des années 1970 il ne concerne plus qu'une poignée de garçons chaque année. Contrairement à Auguste ou Arsène, remis à la mode depuis les années 2000, Alfred reste stable à un niveau très bas : les amateurs de prénoms rétro lui préfèrent pour l'instant ses cousins plus doux.
Formes et diminutifs
| Forme | Langue ou usage |
|---|---|
| Ælfræd | Vieil anglais |
| Alfred | Anglais, français, allemand, langues scandinaves |
| Alfredo | Italien, espagnol, portugais |
| Fred, Freddy, Alfie | Diminutifs |
| Alfreda, Alfrède | Féminins |
Malgré la ressemblance, Frédéric n'est pas apparenté : il vient du germanique frithu, « paix », et ric, « puissant ». Seul le diminutif Fred rapproche les deux prénoms. Chez les garçons nés à la même époque, Albert, Ernest et Gaston ont connu une courbe comparable.
Les Alfred de l'histoire et des arts
Alfred de Musset (1810-1857), poète et dramaturge romantique, est l'auteur de Lorenzaccio et d'On ne badine pas avec l'amour. Alfred Jarry (1873-1907), né à Laval, a fait scandale avec Ubu roi en 1896. Le capitaine Alfred Dreyfus (1859-1935), officier alsacien condamné à tort en 1894, a donné son nom à l'affaire qui a divisé la IIIe République. Hors de France, le chimiste suédois Alfred Nobel, inventeur de la dynamite, a légué sa fortune pour créer les prix qui portent son nom, et le réalisateur britannique Alfred Hitchcock (1899-1980) reste le maître incontesté du suspense.
Alfred en numérologie
| A | L | F | R | E | D | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 3 | 6 | 9 | 5 | 4 | 28 |
Le total 28 conduit à 10, puis à 1. Alfred relève du nombre d'expression 1, symbole de commandement et d'esprit pionnier pour les numérologues. Rapprochement amusant avec un roi fondateur, mais sans valeur démonstrative. La forme italienne Alfredo, qui ajoute un O valant 6, atteint 34 et se réduit à 7.
Questions fréquentes
Quelle est la signification du prénom Alfred ?
Alfred signifie à peu près « conseil des elfes ». Il vient du vieil anglais Ælfræd, composé de ælf, l'elfe des traditions germaniques, et de ræd, le conseil. Le prénom évoque ainsi la sagesse et le bon jugement. Nominis cite aussi le sens « tout pour la paix », interprétation moins courante.
Quand fête-t-on les Alfred ?
Les Alfred sont fêtés le 12 décembre, jour retenu par Nominis pour saint Alfred le Grand, souverain anglo-saxon disparu en 899, en fête locale. Deux autres dates sont possibles : le 15 août, pour l'évêque Altfrid de Hildesheim, et le 7 janvier, pour saint André Bessette, né Alfred.
Alfred est-il un prénom qui revient ?
Pas vraiment. Alfred, très répandu vers 1910, s'est effacé jusqu'aux années 1970 et stagne depuis à un niveau faible et stable. Il n'a pas bénéficié du retour spectaculaire d'autres prénoms d'arrière-grands-pères comme Auguste ou Arsène, dont les courbes sont reparties à la hausse.