Frédéric, le prince de la paix : sens, empereurs et génération 1970
Frédéric vient du germanique Fridurīh, qui associe frithu, « paix, protection », et rīk, « puissant, souverain » : il signifie donc « prince de la paix » ou « qui règne par la paix ». Porté par des empereurs et des rois, il se fête le 18 juillet ; la France l'a surtout donné vers 1973.
Un nom germanique à deux étages
Le premier élément, frithu, désignait dans les langues germaniques la paix, mais aussi la sécurité garantie par un chef à ceux qu'il protège ; il survit dans l'allemand Frieden. Le second, rīk, signifie « puissant, souverain » et se retrouve dans Éric, Henri ou Richard. Le sens est ici plus assuré que pour beaucoup de noms germaniques : les deux mots sont bien attestés, et leur association forme un nom de prince protecteur. Le latin médiéval l'a transcrit Fridericus, d'où la forme française Frédéric, avec ses deux accents.
Barberousse, Frédéric le Grand et « les Fritz »
Le prénom doit son prestige aux souverains germaniques. Frédéric Ier de Hohenstaufen, dit Barberousse, empereur du Saint-Empire de 1155 à sa mort en 1190, est entré dans la légende. En Prusse, Frédéric II, dit le Grand, roi de 1740 à 1786, agrandit considérablement son royaume et entretint une correspondance avec les philosophes français. Cette association étroite avec l'Allemagne a eu un revers : le diminutif Fritz, très courant outre-Rhin, a servi de surnom péjoratif pour les soldats allemands pendant les deux guerres mondiales. En France, le prénom n'en a pas moins trouvé sa place.
Traits associés à Frédéric
Diplomate, sociable, habile négociateur, ambitieux sans renoncer à la concorde : tel est Frédéric dans les recueils de prénoms, qui lui ajoutent charme, amour de l'indépendance, besoin d'être reconnu et nervosité sous-jacente. L'union de la paix et de l'autorité, lisible dans l'étymologie, a visiblement guidé les auteurs. Rien ici n'a été observé : il s'agit d'un exercice d'imagination autour du sens du nom.
Fête : le 18 juillet ou le 9 septembre
Le 18 juillet, célébré localement selon Nominis, rappelle Frédéric, placé sur le siège épiscopal d'Utrecht par Louis le Pieux et assassiné en 838, peut-être, selon la tradition, pour avoir reproché ses mœurs à l'impératrice. Seconde possibilité : le 9 septembre, consacré au bienheureux Frédéric Ozanam (1813-1853), professeur à la Sorbonne et initiateur, étudiant, des conférences de charité devenues la Société de Saint-Vincent-de-Paul ; l'Église l'a béatifié en 1997. Son œuvre s'est ensuite étendue bien au-delà de la France.
Popularité : une vague centrée sur 1973
Au début du XXe siècle, Frédéric est présent sans être courant. Les données de l'Insee, en regroupant les graphies Frédéric, Frederick et Frederik, montrent un décollage à partir de 1955 et une croissance très rapide dans les années 1960. Le plateau s'étend de 1970 à 1976, au maximum en 1973 ; peu de garçons reçoivent alors un prénom plus répandu. Le recul, rapide dans les années 1980, fait du prénom un choix rare depuis le début des années 2000. Au féminin, Frédérique a décrit une trajectoire voisine, en avance de quelques années.
Friedrich, Federico, Fryderyk : les formes du prénom
| Forme | Langue |
|---|---|
| Friedrich, Fritz | Allemand (forme pleine, diminutif) |
| Frederick | Anglais |
| Federico | Italien, espagnol |
| Frederik | Néerlandais, danois |
| Fryderyk | Polonais |
| Fred, Freddy | Diminutifs |
Le féminin Frédérique a sa propre page. Le compositeur Chopin, né en Pologne sous le nom de Fryderyk, illustre le passage d'une forme à l'autre : en France, il est resté Frédéric Chopin. En italien, le cinéaste Federico Fellini a rendu célèbre la forme méridionale.
Chopin, Mistral, Dard, Joliot-Curie
Frédéric Chopin (1810-1849), pianiste et compositeur d'ascendance franco-polonaise, s'installa en France à vingt et un ans. Le poète provençal Frédéric Mistral (1830-1914), fondateur du Félibrige, obtint le Nobel de littérature en 1904, notamment pour Mirèio. Frédéric Dard (1921-2000) a écrit plus de cent soixante-dix aventures du commissaire San-Antonio. Frédéric Joliot-Curie (1900-1958), né Jean Frédéric Joliot, fut colauréat du Nobel de chimie 1935 aux côtés de son épouse Irène.
Frédéric en numérologie
| F | R | E | D | E | R | I | C | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 6 | 9 | 5 | 4 | 5 | 9 | 9 | 3 | 50 |
La somme des huit lettres donne 50, puis 5 + 0 = 5. Ce nombre d'expression 5 renvoie, selon les numérologues, à la mobilité, à la curiosité et à l'esprit libre. Frédérique, plus long, atteint 63, soit 9. On reste strictement dans le domaine du symbole, sans valeur prédictive.
Questions fréquentes
Que signifie le prénom Frédéric ?
Frédéric signifie « puissant par la paix » ou « prince de la paix ». Il vient du germanique Fridurīh, associant frithu, la paix garantie par un protecteur, à rīk, « puissant, souverain ». Empereurs et rois germaniques l'ont souvent porté, notamment Frédéric Barberousse et Frédéric II de Prusse.
Quelle est la date de la Saint-Frédéric ?
Le 18 juillet, date où l'on se souvient de Frédéric d'Utrecht, prélat tué en 838. Nominis signale également le 9 septembre, mémoire du bienheureux Frédéric Ozanam, figure de la charité catholique au XIXe siècle. Les Frédérique ont le choix entre ces deux jours.
Pourquoi appelait-on les Allemands « les Fritz » ?
Parce que Fritz, diminutif de Friedrich, était un prénom très courant en Allemagne. Pendant les deux guerres mondiales, les soldats français ont pris l'habitude de désigner l'ennemi par ce prénom générique, comme les Anglais parlaient de « Jerry ». Le terme, péjoratif, a vieilli avec la réconciliation franco-allemande.