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Gaston : origine, saint Vaast, Fébus et retour d'un prénom 1900

Gaston est un prénom dont l'origine reste discutée : on y voit soit une forme de « Gascon », soit un nom germanique construit sur gast, « hôte, étranger ». Il se fête le 6 février, jour de saint Vaast, évêque d'Arras appelé saint Gaston en français. Très répandu vers 1900, il revient depuis vingt ans.

Gascon ou gast : deux pistes pour un même nom

Aucune étymologie de Gaston ne fait l'unanimité. La première hypothèse le rattache au nom des Gascons, issu du latin Vasco, qui désignait les Vascons, ancêtres des Basques : Gaston signifierait alors « le Gascon ». Elle s'accorde avec l'ancienneté du nom dans les seigneuries du Sud-Ouest. La seconde, reprise par Nominis, y voit un prénom germanique formé sur gast, « l'hôte » ou « l'étranger », mot apparenté à l'allemand Gast et à l'anglais guest. Les deux explications circulent dans les dictionnaires de prénoms ; aucune n'est démontrée.

Les vicomtes de Béarn et Gaston Fébus

Au Moyen Âge, Gaston est un nom de lignée. Le premier vicomte de Béarn cité dans les textes, à la fin du Xe siècle, s'appelle Gaston Centulle, et le prénom se transmet ensuite dans la maison de Béarn puis dans celle de Foix. Le plus célèbre de ces seigneurs est Gaston III de Foix-Béarn (1331-1391), qui se donna lui-même le surnom de Fébus, en référence au dieu solaire Phoibos. Prince pyrénéen habile entre France et Angleterre pendant la guerre de Cent Ans, il est aussi l'auteur du Livre de chasse, manuscrit enluminé consacré à la vénerie.

Le caractère attribué à Gaston

La tradition des prénoms fait de Gaston un homme jovial et accueillant, bon vivant, fidèle en amitié, plus à l'aise dans la débrouille que dans la discipline. Ce portrait doit beaucoup au sens supposé d'« hôte », mais aussi à l'image populaire du prénom : pendant des décennies, Gaston a évoqué le grand-père de la Belle Époque ou le gaffeur de bande dessinée. Il s'agit d'associations culturelles, sans aucune portée prédictive.

Fête : saint Vaast, dit saint Gaston, le 6 février

Nominis fête les Gaston le 6 février, jour de saint Vaast, évêque d'Arras mort en 540. Sous sa forme latine Vedastus, ce saint est appelé Vaast ou Waast dans le Nord, et saint Gaston en français. La tradition le présente comme le catéchiste du roi Clovis après la bataille de Tolbiac, avant le baptême du roi par saint Remi ; il devint ensuite le premier évêque d'Arras, dont il est le patron. Ce rapprochement entre Vaast et Gaston est ancien, mais il n'éclaire pas l'étymologie du prénom.

Popularité : du début du siècle au grand retour

Au début du XXe siècle, Gaston compte parmi les prénoms masculins courants en France, selon le fichier de l'Insee. Les naissances fléchissent pendant la Première Guerre mondiale, comme pour tous les prénoms, puis retrouvent un haut niveau au début des années 1920. Le reflux s'engage dans les années 1930 et mène à la quasi-disparition du prénom entre la fin des années 1960 et les années 1990. Depuis le début des années 2000, la courbe remonte régulièrement, dans le sillage de la mode des prénoms d'arrière-grands-pères, même si Gaston reste loin de ses effectifs d'autrefois.

Les formes de Gaston

FormeLangue ou usage
GastonFrançais, anglais
GastónEspagnol
Gastoun, GastounetFormes régionales citées par Nominis
Vaast, Waast, VédasteFormes du nom de l'évêque d'Arras
GastonneFéminin, très rare

Pour une fratrie dans le même esprit rétro, Gaston s'accorde avec Marcel, Fernand ou Georges, prénoms de la même époque. Au féminin, Marguerite et Suzanne appartiennent à la même génération de grands-parents revenus à la mode.

Gaston Bachelard, Gaston Doumergue, Gaston Lagaffe

Le philosophe Gaston Bachelard (1884-1962), né à Bar-sur-Aube, a renouvelé l'épistémologie tout en écrivant sur la poésie et l'imaginaire des éléments. Gaston Doumergue (1863-1937) fut président de la République de 1924 à 1931. Dans la fiction, Gaston Lagaffe, créé en 1957 par le dessinateur belge André Franquin dans le Journal de Spirou, est l'employé de bureau paresseux et inventif dont les gaffes ont fait un classique de la bande dessinée. En 1967, Nino Ferrer a aussi prêté le prénom au héros de sa chanson Le Téléfon.

Gaston et le maître nombre 22

GASTONTotal
71126522

L'addition 7 + 1 + 1 + 2 + 6 + 5 donne exactement 22. Ce total est un maître nombre : la numérologie ne le réduit pas en 4 et y lit la figure du bâtisseur, celui qui donne corps à de vastes chantiers. Gaston relève ainsi du nombre d'expression 22, un cas assez peu fréquent pour un prénom aussi court. Cette lecture reste une convention ésotérique.

Questions fréquentes

Quelle est l'origine du prénom Gaston ?

Elle est incertaine. Une hypothèse y voit la forme ancienne de « Gascon », nom des habitants de la Gascogne, piste cohérente avec l'ancrage du nom dans le Sud-Ouest. Une autre le rattache au germanique gast, « hôte, étranger ». Le nom était déjà courant chez les vicomtes de Béarn au Moyen Âge.

Pourquoi Gaston est-il fêté à la Saint-Vaast ?

Parce que saint Vaast, évêque d'Arras au VIe siècle, est appelé saint Gaston en français. Son nom latin, Vedastus, a donné Vaast ou Waast dans le Nord de la France et en Belgique. Nominis fixe donc la fête des Gaston au 6 février, date de ce saint.

Gaston est-il redevenu un prénom à la mode ?

Oui, dans une certaine mesure. Presque abandonné entre la fin des années 1960 et les années 1990, Gaston remonte régulièrement depuis le début des années 2000 dans les données de l'Insee. Le prénom profite du goût pour les noms d'aïeux, mais sans approcher les volumes du début du siècle.

Qui était Gaston Fébus ?

Gaston III, comte de Foix et seigneur de Béarn, vécut de 1331 à 1391. Il choisit lui-même le surnom de Fébus, inspiré de Phoibos, le dieu solaire grec. Grand seigneur des Pyrénées pendant la guerre de Cent Ans, il a laissé un Livre de chasse célèbre pour ses enluminures.