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Georges, le laboureur grec devenu chevalier au dragon

Georges vient du grec geôrgos, « agriculteur », littéralement « celui qui travaille la terre », de gê, « terre », et ergon, « travail ». Sa diffusion s'explique par le culte de saint Georges, martyr vénéré en Orient et en Occident, fêté le 23 avril. Très porté en France vers 1920, il revient timidement depuis 2014.

Gê et ergon : un nom paysan

Le grec ancien geôrgos désignait le cultivateur, par opposition au berger ou à l'artisan. On retrouve les deux racines dans « géographie » et « géologie » d'un côté, « énergie » ou « ergonomie » de l'autre. Le même mot a donné au latin le titre des Géorgiques, poème de Virgile écrit entre 37 et 30 avant notre ère et consacré aux travaux des champs et à l'élevage. Devenu nom de personne, Geôrgios ne garde plus rien d'agricole pour ceux qui le portent : c'est le martyr de Lydda qui en fait, dès l'Antiquité tardive, l'un des noms chrétiens les plus répandus du monde grec, puis de toute l'Europe. Le s final est propre au français ; l'anglais écrit George.

Du martyr au tueur de dragon

Les données historiques sur saint Georges sont minces : un officier originaire de Cappadoce, exécuté vers 303 à Lydda, en Palestine, pour avoir refusé de sacrifier aux dieux sous Dioclétien. Le reste appartient à la légende. La plus célèbre, fixée vers 1265 par Jacques de Voragine dans la Légende dorée, le montre à cheval délivrant une princesse promise à un dragon près de la ville de Silène, en Libye. Cette image du chevalier terrassant le monstre, symbole du bien contre le mal, a fait de lui le patron de la chevalerie, de l'Angleterre, de la Catalogne et du scoutisme. Voir la page symbole du dragon pour le sens de cette figure.

Georges vu par les livres de prénoms

Ces ouvrages dépeignent Georges en homme solide et travailleur, les pieds sur terre comme le paysan du nom grec, mais aussi courageux et protecteur, à l'image du chevalier. On lui prête une certaine autorité naturelle, un goût de la tradition et une loyauté sans faille, avec parfois de la rigidité. Ce double portrait combine l'étymologie et la légende dorée ; il appartient au registre symbolique et ne prétend rien dire des Georges réels.

La Saint-Georges, le 23 avril

Nominis indique le 23 avril, mémoire facultative de saint Georges, martyr vers 303. Le calendrier romain l'a conservée, comme de nombreuses Églises orthodoxes, certaines ayant d'autres dates, comme le 6 mai chez les Serbes ou le 23 novembre en Géorgie. Nominis recense aussi de très nombreux homonymes, moines, évêques et martyrs, dont Georges de Lodève ou le martyr grec Georges de Joannina, mais le 23 avril reste la référence pour tous les Georges.

Popularité : l'éclipse et le retour

Georges est l'un des grands prénoms masculins du début du XXe siècle. L'Insee le montre à un niveau très élevé dès 1900, avec un sommet absolu en 1920, au moment du rebond des naissances qui suit la Première Guerre mondiale. Le recul, entamé dans les années 1930, dure sans interruption jusqu'aux années 2000, où le prénom devient rare. Depuis 2014, la courbe remonte nettement, dans un mouvement plus large de redécouverte des prénoms du début du siècle. La graphie anglaise George progresse elle aussi, dans des proportions bien moindres.

Les formes de Georges

FormeLangue
Geôrgios, GiorgosGrec ancien et moderne
GeorgeAnglais
GiorgioItalien
Jorge, JordiEspagnol et portugais, catalan
Jerzy, IouriPolonais, russe
Georgette, Georgia, GeorginaFéminins

Au féminin, Georgia connaît aujourd'hui plus de succès que Georgette. Contemporains de Georges, Henri et Marcel ont eux aussi reculé pendant des décennies avant de remonter dans les années 2010. Le tableau rappelle enfin que Jordi, en Catalogne, et Iouri, en Russie, sont le même nom.

Georges et George célèbres

Georges Brassens, né à Sète en 1921, a chanté Brave Margot dès 1953, bien avant que Margot ne revienne à la mode. Le Belge Georges Simenon a créé en 1930 le commissaire Maigret. Georges Méliès, né Marie Georges Jean Méliès, a réalisé Le Voyage dans la Lune en 1902. Enfin, George Sand est le pseudonyme masculin d'Aurore Dupin, romancière du XIXe siècle : elle a choisi la graphie anglaise, sans s.

Georges en numérologie

GEORGESTotal
756975140

Le calcul donne 7 + 5 + 6 + 9 + 7 + 5 + 1 = 40, soit 4 après réduction ; ce nombre d'expression 4 représente en numérologie la construction lente et la méthode, ce qui rejoint joliment le laboureur grec. Sans le s, George tombe à 39, puis 12 et enfin 3 : une seule lettre suffit à modifier le résultat, signe que ce système reste un jeu.

Questions fréquentes

Que veut dire le prénom Georges ?

Georges signifie « agriculteur ». Il vient du grec geôrgos, formé de gê, la terre, et ergon, le travail. Le sens paysan s'est effacé derrière la figure de saint Georges, soldat martyr vers 303, dont le culte a fait du nom l'un des plus répandus de la chrétienté, de la Grèce à l'Angleterre.

Pourquoi saint Georges combat-il un dragon ?

Le dragon n'apparaît pas dans les premiers récits de son martyre. La légende s'est enrichie au Moyen Âge et a été popularisée par la Légende dorée de Jacques de Voragine au XIIIe siècle : Georges y sauve une princesse livrée au monstre. Le dragon représente le mal ou le paganisme vaincu par la foi.

Georges revient-il à la mode ?

Oui, modestement. Après un long déclin de 1930 aux années 2000, le nombre de naissances a nettement augmenté à partir de 2014, selon l'Insee. Georges reste loin de ses niveaux d'autrefois, mais il rejoint ces prénoms anciens qui retrouvent des adeptes, comme d'autres prénoms portés par les arrière-grands-pères.