Suzanne, le lys de l'hébreu biblique
Suzanne vient de l'hébreu Shoshannah, qui désigne le lys, ou peut-être à l'origine le lotus. Le prénom s'est répandu grâce à la Suzanne du livre de Daniel, femme vertueuse injustement accusée ; il se fête le 11 août et, après un long effacement, connaît en France un retour net depuis 2000.
Du lotus égyptien au lys hébreu
Le mot hébreu shoshannah nomme une grande fleur blanche, traduite le plus souvent par « lys ». Plusieurs spécialistes le rapprochent d'un terme égyptien désignant le lotus, ce qui ferait du nom un emprunt très ancien. La fleur apparaît à plusieurs reprises dans le Cantique des cantiques, où l'aimée se compare au lys des vallées. Le grec a transcrit le nom Sousanna, le latin Susanna, et l'ancien français en a fait Susanne puis Suzanne, avec un z qui note la prononciation sonore. Nominis traduit le prénom par « la grâce du lys ». La symbolique de la fleur, pureté et royauté, est développée sur la page du lys.
Suzanne et les vieillards
Le récit fondateur se trouve au chapitre 13 du livre de Daniel, dans sa version grecque, que les catholiques et les orthodoxes reçoivent dans la Bible et que les protestants rangent parmi les apocryphes. Suzanne, épouse d'un riche Juif de Babylone, prend son bain dans son jardin. Deux anciens, juges du peuple, l'épient et la menacent : si elle refuse de leur céder, ils l'accuseront d'adultère. Elle refuse, est condamnée à mort, puis sauvée par le jeune Daniel, qui interroge séparément les deux accusateurs et les confond, car ils ne s'accordent pas sur l'arbre sous lequel la faute aurait eu lieu. Le sujet a inspiré des générations de peintres, du Tintoret à Rembrandt. L'Évangile de Luc cite aussi une Suzanne parmi les femmes qui accompagnaient Jésus.
Une réputation d'intégrité
Héritière de l'héroïne biblique, Suzanne apparaît dans les dictionnaires de prénoms sous les traits d'une femme droite, courageuse face à l'injustice, pudique et fidèle à ses principes. On lui reconnaît également une séduction discrète, une vraie fermeté sous des dehors doux et le goût des choses simples. Ce portrait provient de la tradition et du récit de Daniel ; il ne se fonde sur aucune observation des personnes qui portent le prénom.
La Sainte-Suzanne du 11 août
Nominis retient le 11 août pour Suzanne, date d'une martyre romaine des premiers siècles dont la légende fait une jeune femme belle et instruite, que l'empereur Dioclétien aurait voulu marier à Maximien et qui fut décapitée après avoir déclaré sa foi. Le 11 août rappelle surtout la dédicace, à Rome, d'une basilique placée sous son nom. Aucun degré liturgique n'accompagne cette date sur le site. Il recense d'autres saintes du même nom, fêtées localement ou dans des calendriers particuliers : une Suzanne de Palestine au 15 décembre, une martyre d'Éleuthéropolis au 19 septembre. Le dicton rural associé veut qu'à la Sainte-Suzanne, le veau bien venu tète.
Popularité : du sommet de 1920 au retour actuel
Le fichier de l'Insee fait de Suzanne un prénom massif du premier tiers du XXe siècle. Déjà très donné en 1900, il progresse jusqu'à la Première Guerre mondiale, s'effondre pendant le conflit comme toutes les naissances, puis atteint son niveau le plus haut en 1920. La décennie 1920 reste la plus fournie. Le recul commence dès la fin des années 1920 et devient profond après 1950 : dans les années 1970, Suzanne est devenu rare. La courbe repart doucement au tournant des années 2000 et monte régulièrement jusqu'en 2021, dans le mouvement qui ramène les prénoms d'arrière-grands-mères. Suzanna et Suzane restent marginales.
Les visages de Suzanne en Europe
| Forme | Langue |
|---|---|
| Shoshana | Hébreu |
| Susanna, Susanne | Italien, allemand, scandinave |
| Susan, Sue, Susie | Anglais |
| Susana | Espagnol, portugais |
| Zuzanna, Zuzana | Polonais, tchèque, slovaque |
| Suzon, Suzette, Suzy | Diminutifs français |
Suzon et Suzette ont longtemps servi de petits noms affectueux, au point de devenir des prénoms à part entière ; Suzy a suivi, sous influence anglaise. Parmi les prénoms de la même génération, Suzanne côtoie Jeanne, Marguerite ou Simone.
Suzanne dans l'histoire et la chanson
Suzanne Lenglen, surnommée « la Divine », fut la première star internationale du tennis féminin : six fois victorieuse à Wimbledon, elle remporte l'or olympique à Anvers en 1920, et le deuxième court de Roland-Garros porte son nom. La peintre Suzanne Valadon, née Marie-Clémentine Valadon en 1865, fut modèle avant de devenir artiste. Le Canadien Leonard Cohen publie d'abord Suzanne comme poème en 1966, puis l'enregistre sur son premier album en 1967, après la version de Judy Collins.
Suzanne en numérologie
| S | U | Z | A | N | N | E | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 3 | 8 | 1 | 5 | 5 | 5 | 28 |
De 28, on passe à 10 puis à 1. Autonomie, initiative, affirmation de soi : la numérologie associe ces qualités au nombre d'expression 1. Avec un s, Susanne remplace le Z (8) par un S (1) et totalise 21, qui mène au 3 : la lettre choisie pour noter le même son modifie le résultat.
Questions fréquentes
Quelle est l'origine du prénom Suzanne ?
Suzanne est d'origine hébraïque : Shoshannah désigne le lys, et le mot pourrait lui-même venir d'un terme égyptien pour le lotus. Le prénom est passé par le grec et le latin Susanna avant d'arriver en français. La chaste Suzanne du livre de Daniel en a assuré la diffusion chez les chrétiens.
Quand est la fête des Suzanne ?
La date courante est le 11 août, jour d'une martyre romaine des premiers siècles, selon Nominis. D'autres saintes homonymes sont honorées localement, le 19 septembre ou le 15 décembre. C'est néanmoins le 11 août que le site met en avant sur la fiche du prénom.
Suzanne est-il un prénom démodé ?
Il l'a été : très courant jusqu'aux années 1930, il était devenu rare vers 1970. Les données de l'Insee montrent pourtant une remontée continue depuis le début des années 2000, portée par l'attrait des parents pour les prénoms d'autrefois. Suzanne reste loin de son niveau d'antan mais n'a plus rien de désuet.