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Aimé, prénom masculin du latin amatus

Aimé veut dire « celui qui est aimé » : c'est la traduction française du latin amatus, participe passé du verbe amare. Fêté le 13 septembre avec saint Aimé, moine fondateur du Saint-Mont près de Remiremont, ce prénom très répandu vers 1920 est devenu rare, malgré un léger retour depuis les années 2000.

Amatus, Amé, Aimé : l'origine

Tout part du latin amatus, « aimé », devenu nom propre chez les chrétiens de l'Antiquité tardive. En passant par l'ancien français, ce nom a pris deux formes. La plus ancienne, Amé, résulte de l'évolution phonétique normale du mot ; c'est sous ce nom que plusieurs saints du haut Moyen Âge sont encore désignés. La seconde, Aimé, a été refaite sur le verbe aimer, ce qui rend le sens immédiatement lisible. Nominis signale aussi la graphie Aymé, restée vivante surtout comme patronyme, celui de l'écrivain Marcel Aymé. Le féminin Aimée suit le même chemin à partir de amata.

Un nom qui se comprend sans traduction

Très peu de prénoms français disent aussi clairement ce qu'ils signifient. Aimé exprime une affection reçue plutôt qu'une qualité à conquérir : l'enfant n'est pas appelé à être fort ou sage, il est d'emblée entouré. Dans le contexte chrétien où le nom est né, la formule renvoie à l'amour de Dieu pour chaque personne. Au XIXe siècle, il se range parmi les prénoms-souhaits que les familles donnaient volontiers, aux côtés de Désiré, Fortuné ou Bienvenu. Cette transparence a un revers : porté par un adulte, le prénom devient facilement matière à jeux de mots.

Aimé vu par les dictionnaires de prénoms

Ces ouvrages voient en Aimé un homme sociable et affectueux, qui a besoin de relations sincères et cherche à maintenir la paix autour de lui. On lui attribue de la générosité, une forme de candeur et une réelle fidélité en amitié, mais aussi une difficulté à supporter la critique. Ces descriptions découlent directement du sens du mot et n'ont aucune valeur d'observation : elles appartiennent au folklore des prénoms, pas à la psychologie.

Fête : le 13 septembre, deux saints Aimé

Nominis fixe la fête d'Aimé au 13 septembre, avec le rang de fête locale. Deux saints du VIIe siècle partagent cette date. Le premier, parfois appelé Amé, est né à Grenoble ; moine à Saint-Maurice d'Agaune puis à Luxeuil, il rencontre à Metz le noble Romaric, avec qui il fonde vers 620 deux monastères sur la montagne qui domine Remiremont, aujourd'hui le Saint-Mont. Il meurt vers 629. Le second, Aimé de Sion, évêque dans le Valais, connut la disgrâce et l'exil à Péronne puis dans un monastère de Flandre, où il mourut vers 690. Nominis mentionne aussi le bienheureux Aimé Ronconi, ermite et pèlerin italien du XIIIe siècle, commémoré le 8 mai.

Popularité : l'après-Grande Guerre, puis l'effacement

Au début du XXe siècle, Aimé est un prénom courant et en progression. Les naissances baissent pendant la Première Guerre mondiale, puis bondissent en 1920, record absolu du fichier de l'Insee, et se maintiennent haut jusqu'en 1929. Les années 1930 ouvrent un recul que rien n'interrompt ; vers 1975-1980, on ne compte plus qu'une poignée d'Aimé par an. La remontée, sensible depuis la fin des années 1990, reste modeste mais régulière, et 2021 retrouve un niveau qu'on n'avait plus observé depuis le début des années 1960. Les chiffres cités additionnent Aimé et Aime, la graphie sans accent dominant dans le fichier jusqu'aux années 2000.

Formes et prénoms apparentés

FormeLangue ou usage
AmatusLatin
Amé, AyméFormes anciennes françaises
AmatoItalien
AiméeFéminin français
EsméForme rattachée par Nominis

Nominis range aussi Aziz ou Farid parmi les formes voisines, par proximité de sens plutôt que de filiation : ces prénoms arabes, « cher » et « unique », n'ont pas de lien linguistique avec amatus. Dans le même registre du souhait affectueux, on peut songer à Amélie, dont l'origine germanique est pourtant tout autre, ou à Théodore, « don de Dieu ».

Trois Aimé qui ont compté

Aimé Césaire, né en 1913 à Basse-Pointe et mort en 2008 à Fort-de-France, est l'auteur du Cahier d'un retour au pays natal et l'un des fondateurs du mouvement de la négritude avec Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas ; il fut longtemps député de la Martinique et maire de Fort-de-France. Aimé Jacquet, né en 1941 dans la Loire, était le sélectionneur de l'équipe de France sacrée championne du monde de football en 1998. Plus ancien, le botaniste rochelais Aimé Bonpland, de son nom complet Aimé Jacques Alexandre Goujaud, accompagna Alexander von Humboldt dans son expédition en Amérique espagnole et mourut en Argentine en 1858.

Aimé en numérologie

AIMETotal
194519

De 19, on passe à 10 (1 + 9), puis à 1 (1 + 0). Aimé correspond ainsi au nombre d'expression 1, nombre des pionniers et des tempéraments autonomes chez les numérologues, profil assez éloigné de la douceur que suggère le prénom. La forme ancienne Amé, sans le I, aboutit également à 1 par un autre chemin (1 + 4 + 5 = 10). Ce calcul relève d'une tradition symbolique.

Questions fréquentes

Quelle est la signification du prénom Aimé ?

Aimé signifie littéralement « celui qui est aimé ». Il traduit le latin amatus, nom chrétien des premiers siècles tiré du verbe amare. L'ancien français en a d'abord fait Amé, puis la forme Aimé, alignée sur le verbe aimer, s'est imposée. Le féminin correspondant est Aimée.

Quand fête-t-on les Aimé ?

La fête des Aimé est le 13 septembre selon Nominis, fête locale. Elle honore saint Aimé, moine né à Grenoble qui fonda avec Romaric les monastères du Saint-Mont, près de Remiremont, et mourut vers 629. Le même jour est commémoré Aimé, évêque de Sion mort en exil en Flandre vers 690.

Aimé est-il un prénom ancien ?

Oui. Aimé a vécu ses plus belles années vers 1920, puis il n'a cessé de reculer jusqu'à devenir exceptionnel à la fin des années 1970. Il remonte doucement depuis une vingtaine d'années, dans le mouvement de retour des prénoms d'arrière-grands-parents, sans redevenir courant.