signification.org

Maneki-neko : le chat qui invite la chance et les clients

Le maneki-neko, « chat qui invite », est une figurine japonaise censée attirer la prospérité et la clientèle grâce à sa patte levée en signe d'appel. Son sens varie selon la patte levée, la couleur et l'objet tenu, et plusieurs légendes concurrentes revendiquent son origine, toutes situées dans le Japon de l'époque d'Edo.

Origine historique du maneki-neko

Les premières traces sûres de ces figurines remontent au milieu du XIXe siècle, à la fin de l'époque d'Edo : des estampes montrent des chats porte-bonheur vendus près du temple Senso-ji, dans le quartier d'Asakusa à Tokyo. Leur succès s'étend ensuite aux commerces de tout le pays à l'ère Meiji. La ville de Tokoname, dans la préfecture d'Aichi, en est aujourd'hui un grand centre de production en céramique.

Les légendes d'origine sont nombreuses. La plus citée se situe au temple Gotoku-ji, dans l'arrondissement de Setagaya : un seigneur surpris par l'orage aurait suivi le geste d'un chat pour entrer se mettre à l'abri, échappant à la foudre, et aurait fait du temple pauvre le sanctuaire de sa famille. Une autre, liée au sanctuaire d'Imado, raconte qu'une vieille femme contrainte de se séparer de son chat le vit en rêve lui demander de façonner son image en terre ; les figurines se vendirent si bien qu'elle sortit de la misère. D'autres récits mettent en scène une courtisane du quartier de Yoshiwara.

Signification selon la patte et la couleur

DétailSens le plus répandu
Patte gauche levéeAttirer les clients, les visiteurs, les relations
Patte droite levéeAttirer l'argent et la bonne fortune
Deux pattes levéesLes deux à la fois, parfois jugé trop gourmand
Patte levée hautChance venue de loin
Tricolore (blanc, noir, roux)Modèle traditionnel, chance en général
BlancPureté, bonheur
NoirÉloigner le mal et les mauvaises intentions
DoréRichesse
RougeProtection contre la maladie

Ces correspondances s'inversent parfois d'une région ou d'un fabricant à l'autre : certains attribuent au contraire l'argent à la patte gauche.

Sens spirituel et culturel

Le maneki-neko n'appartient pas à une doctrine religieuse : c'est un engimono, objet de bon augure de la culture populaire japonaise, au même titre que le daruma. On l'achète dans les temples ou les boutiques, on l'installe près de la caisse ou à l'entrée. Au temple Gotoku-ji, les visiteurs déposent des centaines de figurines blanches en remerciement d'un souhait exaucé. Le geste lui-même a un sens précis : au Japon, on appelle quelqu'un paume tournée vers l'avant et doigts repliés vers le bas, ce qui ressemble à un au revoir pour un Occidental. La pièce ovale tenue par le chat est un koban, monnaie d'or d'Edo, souvent gravée d'une somme fabuleuse ; le collier à grelot rappelle les chats choyés des maisons aisées.

Le maneki-neko en tatouage

Motif joyeux, il se prête au style kawaii en couleurs vives, au néo-traditionnel ou au trait fin minimaliste. On le voit sur le poignet, la cheville, le haut du bras ou derrière l'oreille. Les entrepreneurs, commerçants et restaurateurs le choisissent pour la réussite de leur affaire ; d'autres pour l'amour des chats ou un séjour marquant au Japon. Choisissez la patte levée en connaissance de cause, et pensez aux détails qui changent le message : le koban pour l'argent, un maillet de richesse, une carpe ou un daruma dans les bras.

Le maneki-neko en objet

Céramique, porcelaine, plastique, tirelires : les tailles vont du porte-clés à la statue géante. Les modèles à patte mécanique qui oscillent grâce à une pile se sont répandus dans les restaurants et commerces tenus par la diaspora chinoise, au point qu'on les appelle souvent « chats chinois » en France. Dans les boutiques japonaises, on le place à hauteur des yeux près de l'entrée, tourné vers la rue. Chez soi, une entrée ou un bureau de travail indépendant conviennent. Son efficacité commerciale relève évidemment de la croyance ; son effet d'accueil, lui, est réel.

Contresens et idées reçues

Le « chat chinois » est japonais d'origine, même s'il a été adopté ailleurs en Asie. Ce n'est pas non plus un chat qui salue ou qui dit au revoir : il fait signe d'approcher. Autre raccourci : projeter sur la figurine noire la superstition européenne du chat de malheur. Le maneki-neko noir est au contraire protecteur. Enfin, aucune version ne constitue « la bonne » : la variété des usages fait partie du symbole.

Symboles proches

Le daruma est l'autre objet porte-bonheur incontournable des commerces japonais. Le chat noir européen et Bastet, la déesse chatte égyptienne, montrent à quel point le félin a été chargé de sens opposés selon les cultures. Le kitsune garde, lui, les sanctuaires d'Inari, divinité des récoltes et de la prospérité. Voyez aussi le chat comme animal totem et l'emoji chat souriant.

Questions fréquentes

Quelle patte levée pour le maneki-neko ?

Selon l'usage le plus courant, la patte gauche attire les clients et les rencontres, la droite l'argent et la chance. Un commerce choisit souvent la gauche, un particulier la droite. Certaines régions inversent ces sens, et les deux pattes levées réunissent les deux souhaits.

Où placer un maneki-neko ?

Près de l'entrée ou de la caisse, tourné vers la porte ou la rue, pour « appeler » ceux qui passent. À la maison, l'entrée ou le coin bureau conviennent. Évitez de le cacher derrière un meuble : l'idée est qu'il soit vu par ceux qu'il invite.

Le maneki-neko est-il chinois ou japonais ?

Il est japonais. Il apparaît à Tokyo au XIXe siècle et reste lié à des temples japonais comme Gotoku-ji. Les commerces chinois l'ont adopté en grand nombre, surtout dans sa version à patte mécanique dorée, ce qui explique le surnom de « chat chinois » répandu en France.

Que signifie le maneki-neko noir ?

Noir, le chat devient protecteur : il repousse le mal, les mauvaises rencontres et, selon certains, les harceleurs. Au Japon, le chat noir a longtemps été vu comme un gardien, même si la superstition occidentale du malheur s'y est aussi diffusée. Pour cette figurine, la couleur reste un choix positif.