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Bastet, déesse chatte de Bubastis et protectrice des maisons

Bastet est une déesse égyptienne représentée en chatte ou en femme à tête de chat, qui protège le foyer, les naissances et le plaisir de vivre. Elle n'a pas toujours été douce : d'abord figurée en lionne, elle a pris l'apparence du chat domestique au fil du Ier millénaire av. J.-C., autour de sa ville, Bubastis.

Origine historique de Bastet

Bastet apparaît dès l'Ancien Empire, sous une forme léonine, comme puissance protectrice du roi. Son nom est souvent rapproché du mot désignant un pot à onguent, ce qui l'associerait aux parfums, mais cette étymologie reste discutée. Son sanctuaire principal se trouvait à Bubastis, l'actuelle Tell Basta, près de Zagazig dans le delta du Nil. Lorsque des souverains originaires de cette ville fondent la XXIIe dynastie, au Xe siècle av. J.-C., le culte prend une ampleur nationale et l'image de la chatte s'impose.

Au Ve siècle av. J.-C., l'historien grec Hérodote décrit la fête de Bubastis comme la plus fréquentée d'Égypte : des bateaux entiers de pèlerins, de la musique, des danses et plus de vin bu en quelques jours que dans tout le reste de l'année. Il vante aussi le temple, entouré d'eau et planté d'arbres. Les Grecs identifièrent Bastet à Artémis.

Les deux visages de la déesse

AspectFormeDomaines
Bastet apaiséeChatte assise ou femme à tête de chat, sistre à la main, chatons à ses piedsFoyer, maternité, fertilité, musique, fête
Bastet ancienneLionne ou femme à tête de lionneProtection guerrière du pharaon
Sekhmet, sa sœur redoutableLionneColère, épidémies, destruction des ennemis

Les théologiens égyptiens voyaient dans Bastet et Sekhmet deux manifestations d'une même énergie, celle de l'Œil de Rê, tantôt furieuse, tantôt calmée. Le chat, qui chasse les serpents et les rongeurs tout en vivant près des humains, résumait bien cette double nature.

Sens religieux et lectures actuelles

Pour les Égyptiens, les chats n'étaient pas des dieux en eux-mêmes : ils pouvaient servir de réceptacle ou d'offrande à la déesse. Des nécropoles félines à Bubastis, à Saqqara ou à Beni Hassan ont livré des centaines de milliers de momies de chats. Les scanners montrent que beaucoup de ces animaux étaient jeunes et avaient été élevés pour être sacrifiés et offerts par les pèlerins, ce qui nuance l'image d'un peuple qui ne touchait jamais à un chat. Aujourd'hui, les cercles néopaïens et la spiritualité féminine contemporaine font de Bastet une figure d'indépendance, de sensualité et de protection du cocon domestique, lecture moderne qui garde un lien réel avec ses attributions antiques.

Bastet en tatouage

Le modèle le plus reproduit est la silhouette du chat assis, droit et hiératique, parfois paré de boucles d'oreilles dorées et d'un collier portant un œil oudjat, comme la célèbre statuette de bronze dite « chat Gayer-Anderson » du British Museum. En trait fin, il se glisse derrière l'oreille, sur la cheville ou le poignet ; en version plus détaillée, sur le mollet ou le flanc. Il accompagne souvent un ankh ou des hiéroglyphes. Ce tatouage signifie l'attachement à un chat, parfois disparu, la protection des siens, ou une féminité assumée et indépendante.

Bastet en bijou et en objet

Statuettes en résine patinée façon bronze, pendentifs de chatte assise, bagues à profil félin et bougeoirs se vendent autant dans les musées que dans les boutiques ésotériques. Les Égyptiens eux-mêmes portaient de petites amulettes de faïence représentant une chatte entourée de chatons, souhaitées pour une famille nombreuse. Placer une statuette de Bastet près de l'entrée ou dans une chambre d'enfant reprend l'esprit de ces objets, sans autre effet que celui du symbole choisi.

Idées reçues et précautions

Une affirmation courante veut que tuer un chat valait la peine de mort en Égypte. Diodore de Sicile rapporte effectivement qu'un Romain fut lynché par la foule pour ce motif au Ier siècle av. J.-C., mais il s'agit d'un témoignage isolé, pas d'une loi connue. Autre raccourci : confondre Bastet et Sekhmet, ou prêter à Bastet un rôle funéraire qu'elle n'avait guère. Enfin, les momies de Beni Hassan ont connu un sort peu glorieux : dans les années 1880-1890, des tonnes furent expédiées en Angleterre pour servir d'engrais, épisode qui rappelle à quel point le respect des vestiges est une notion récente.

Symboles proches

Le chat noir a suivi en Europe un destin opposé, soupçonné de sorcellerie. Anubis, dieu canidé, forme avec Bastet le duo animal le plus reproduit de l'Égypte, et l'ankh figure souvent entre ses pattes. Pour le sens intime du félin, voyez le chat comme animal totem, rêver de chat ou rêver de chaton, image de fragilité à protéger. En message, l'emoji tête de chat garde surtout un sens affectueux.

Questions fréquentes

Que symbolise la déesse Bastet ?

Elle symbolise la protection du foyer, la maternité, la fertilité et le plaisir partagé, de la musique aux fêtes. Sa forme ancienne de lionne rappelle qu'elle pouvait aussi défendre avec férocité. Aujourd'hui, on l'associe volontiers à l'indépendance et à l'élégance attribuées aux chats.

Quelle est la différence entre Bastet et Sekhmet ?

Toutes deux sont des filles de Rê à forme féline, mais Sekhmet reste une lionne redoutable liée à la guerre et aux épidémies, alors que Bastet devient une chatte bienveillante tournée vers la maison et la fête. Les Égyptiens les considéraient comme deux humeurs d'une même puissance divine.

Pourquoi les Égyptiens momifiaient-ils les chats ?

Il existait deux cas. Certains chats domestiques étaient momifiés par attachement, parfois enterrés avec leur maître. Mais la grande majorité des momies félines étaient des offrandes votives : des animaux élevés près des temples, tués jeunes, puis achetés par des pèlerins qui les déposaient dans les nécropoles de Bastet.

Que signifie un tatouage de Bastet ?

Il exprime souvent la protection de ceux qu'on aime, un lien fort avec un chat ou une affirmation de féminité libre. Représentée assise avec un collier et un anneau d'or, elle renvoie aussi au goût pour l'Égypte ancienne. Avec des chatons, le motif évoque la maternité.