Sandrine, d'Alexandre à la génération 1970 : sens et histoire
Sandrine est un diminutif d'Alexandrine et remonte donc au grec Alexandros, nom qui dit la protection accordée aux hommes. Ce prénom est une invention française du XXe siècle, qu'aucune sainte n'a porté. Nominis le fête le 2 avril avec la bienheureuse Alexandrine, et il a connu en France une vague fulgurante autour de 1971.
D'Alexandros à Sandrine
Tout part du grec Alexandros, formé du verbe alexein, « repousser, défendre », et du nom anêr, andros, « homme ». D'où le sens de « protecteur du peuple » ou « qui écarte les guerriers ennemis ». Le féminin Alexandra a donné en français Alexandrine, dont la syllabe finale -drine, isolée, a produit Sandrine. Une autre filiation passe par Sandra, forme courte italienne d'Alessandra, à laquelle le suffixe français -ine aurait été ajouté. Les deux explications aboutissent à la même racine et ne s'excluent pas. Nominis retient simplement Alexandrine comme forme majeure.
Un prénom neuf du milieu du siècle
Contrairement à la plupart des prénoms populaires de sa génération, Sandrine n'a pas d'histoire ancienne : il n'apparaît dans le fichier de l'Insee qu'en 1947. Il rejoint la série des prénoms féminins en -ine dont raffolent les parents des années 1950, comme Christine ou Martine, mais il arrive plus tard qu'eux et monte plus vite. Sa sonorité douce et moderne pour l'époque, et son lien discret avec le prestigieux Alexandre, ont pu jouer dans son succès, sans qu'on puisse l'établir.
Le caractère attribué à Sandrine
Les dictionnaires de prénoms voient en Sandrine une femme dynamique et chaleureuse, communicative, attentive aux autres, capable de défendre ses proches avec vigueur, écho au sens de « protectrice » hérité du grec. On la dit aussi indépendante et soucieuse de son confort. Ces descriptions relèvent de la tradition des prénoms et ne reposent sur aucune observation : un prénom aussi répandu a forcément été porté par des personnalités de tous les tempéraments.
Fête : le 2 avril, par Alexandrine
Sans sainte Sandrine au calendrier, le prénom se fête par l'intermédiaire de sa forme longue. Nominis indique le 2 avril, fête locale de la bienheureuse Alexandrine. Il s'agit d'une convention : la sainte honorée ne porte pas le prénom sous sa forme moderne, et les familles qui préfèrent passer par Alexandre peuvent choisir l'une des nombreuses dates consacrées aux saints de ce nom. Nominis signale enfin la graphie Cendrine, proposée par un internaute.
Popularité : une ascension éclair
La courbe de Sandrine impressionne. Encore rare en 1960, le prénom voit ses naissances doubler presque chaque année entre 1963 et 1966, selon l'Insee, puis continuer à grimper jusqu'en 1971, année du maximum en nombre comme en part des filles. Il compte alors parmi les tout premiers prénoms féminins de France. La décrue est presque aussi rapide : le niveau est divisé par trois en moins de dix ans. Aujourd'hui, Sandrine n'est donné que quelques fois par an et reste le marqueur d'une génération née entre 1965 et 1980.
Sandra, Sandy, Cendrine : les prénoms voisins
| Forme | Langue ou usage |
|---|---|
| Alexandrine | Forme longue française |
| Sandra | Italien, espagnol, anglais, allemand |
| Sandrine | Français |
| Sandy, Sandie | Diminutifs anglophones |
| Cendrine | Variante française |
Alexandra et Sandra ont suivi des courbes voisines en France, avec un sommet quelques années après Sandrine. Sandy et Sandie ont pris le relais à la fin des années 1970 et dans les années 1980. Pour le masculin de la même famille, voir Alexandre, ou encore Sacha, diminutif russe d'Alexandre.
Bonnaire, Kiberlain, Piau, Testud
Sandrine Bonnaire, née en 1967 à Gannat, dans l'Allier, a été révélée adolescente par Maurice Pialat dans À nos amours ; elle est aussi réalisatrice. Actrice et chanteuse, Sandrine Kiberlain, née à Boulogne-Billancourt, est devenue l'une des figures du cinéma d'auteur français. La soprano Sandrine Piau, également harpiste, s'est spécialisée dans le répertoire baroque. Dans le sport, la Lyonnaise Sandrine Testud a été joueuse de tennis professionnelle de 1989 à 2005.
Sandrine en numérologie
| S | A | N | D | R | I | N | E | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 1 | 5 | 4 | 9 | 9 | 5 | 5 | 39 |
La somme 1 + 1 + 5 + 4 + 9 + 9 + 5 + 5 atteint 39 ; on réduit une première fois (3 + 9 = 12), puis une seconde (1 + 2 = 3). Le nombre d'expression 3 est associé à l'aisance sociale et à la créativité. Sandra, avec 21, aboutit aussi à 3, tandis qu'Alexandrine, avec 53, se réduit à 8. Il s'agit d'une lecture symbolique.
Questions fréquentes
Sandrine est-il un diminutif d'Alexandra ?
Indirectement, oui. Sandrine vient d'Alexandrine, forme française d'Alexandra, ou de Sandra, abréviation italienne d'Alessandra. Dans tous les cas, la racine est le grec Alexandros, nom du protecteur. En France, il est devenu un prénom autonome au milieu du XXe siècle, sans que ses porteuses soient appelées Alexandrine.
Quand fête-t-on la Sainte-Sandrine ?
Il n'existe pas de sainte Sandrine. Nominis propose le 2 avril, jour de la bienheureuse Alexandrine, forme dont dérive le prénom. On peut aussi passer par les saints Alexandre, fêtés à plusieurs dates. Toutes ces solutions reposent sur une convention.
Pourquoi y a-t-il autant de Sandrine nées vers 1970 ?
Le prénom a connu une mode exceptionnellement concentrée : quasi inconnu avant 1960, il s'est imposé en quelques années pour culminer en 1971, puis a reculé presque aussi vite. Les Sandrine sont donc très nombreuses dans une tranche d'âge étroite, comme les Nathalie ou les Stéphanie de la même période.