Martine, le féminin de Martin qui a marqué le baby-boom
Martine signifie « consacrée à Mars » : c'est le féminin de Martin, venu du latin Martinus, adjectif formé sur Mars, dieu des combats. On le fête le 30 janvier avec sainte Martine, martyre à Rome. En France, il est inséparable des années 1950, décennie où les maternités en étaient pleines.
Martina, un féminin très ancien
Le latin connaissait déjà le couple Martinus et Martina, deux adjectifs formés sur Mars, génitif Martis, divinité de la guerre à laquelle le premier mois de l'ancien calendrier romain, notre mois de mars, était consacré. Le prénom est donc païen par sa racine et chrétien par sa diffusion. En français, Martine suit la dérivation la plus simple, par ajout d'un e final, comme Justine à partir de Justin. Contrairement à d'autres féminins apparus tardivement, il est attesté dès l'Antiquité grâce à la martyre romaine qui l'a porté. La page Martin revient plus longuement sur la racine commune et sur l'évêque de Tours.
Une guerrière adoucie par l'usage
Le sens littéral, « de Mars », évoque le combat. Pourtant, la plupart des parents qui ont choisi Martine au milieu du XXe siècle n'y voyaient rien de martial : le prénom sonnait simple, net et moderne, loin des Marie-Louise et des Germaine de la génération précédente. Le lien avec le mois de mars, celui du retour des beaux jours, convenait peut-être mieux à cette époque de reconstruction. Pour une génération entière de lecteurs, Martine est d'abord la petite héroïne sage et curieuse des albums illustrés, ce qui a encore adouci l'image du prénom.
Le caractère traditionnellement prêté à Martine
Les ouvrages de prénoms dressent le portrait d'une femme énergique, organisée et franche, dotée d'une vraie force de travail et d'un sens pratique aigu. On la dit loyale envers ses amis, attentive à protéger les siens, parfois autoritaire lorsqu'elle se sent responsable d'un groupe. On reconnaît sans peine l'écho guerrier de l'étymologie, mis au goût du quotidien. Ce portrait reste une convention littéraire, sans valeur d'observation.
Sainte Martine, le 30 janvier
C'est au 30 janvier que Nominis place la Sainte-Martine, en fête locale. Sainte Martine, martyre à Rome, serait morte vers 226 selon la date retenue par le site, qui reconnaît que l'on ne sait presque rien de sa vie. Son culte, en revanche, est bien documenté : le martyrologe romain rappelle que le pape Donus lui dédia une basilique sur le Forum romain vers 676-678, et elle est honorée parmi les saints protecteurs de la ville. En France, l'église de Pont-du-Château, dans le Puy-de-Dôme, est placée sous son patronage. Les Martine ne peuvent donc pas être fêtées le 11 novembre, date réservée à saint Martin de Tours, même si la confusion est fréquente.
Popularité : l'emblème féminin de l'après-guerre
Rare avant 1930, Martine gagne du terrain pendant l'Occupation d'après l'Insee, puis explose littéralement : les naissances sont multipliées par dix entre 1944 et 1949. Record absolu : 1954. La retombée suit le même rythme : vers 1968, l'essentiel de la vogue est passé, et les années 1980 n'en comptent plus que quelques centaines par an. Dans les années 2010, on en recense une dizaine par an tout au plus. La première aventure de l'héroïne de Casterman date justement de 1954, rencontre de dates dont on ne peut rien conclure.
Martina, Martyna, Tina : les autres formes
| Forme | Langue ou usage |
|---|---|
| Martina | Latin, italien, espagnol, allemand, tchèque |
| Martine | Français, norvégien |
| Martyna | Polonais |
| Tina | Diminutif international |
La joueuse de tennis Martina Navrátilová, née à Prague en 1956, illustre la forme d'Europe centrale. Le diminutif Tina n'appartient pas en propre à Martine : il sert aussi pour Christine ou Valentina. Martine a été contemporaine dans les maternités françaises de Monique, Chantal et Nicole, qu'elle a dépassées au plus fort de sa vogue.
Des Martine en vue
Les albums Martine, écrits par Gilbert Delahaye et illustrés par le Belge Marcel Marlier à partir de 1954, ont compté une soixantaine de titres chez Casterman. Au cinéma, Martine Carol, de son vrai nom Marie-Louise Mourer (1920-1967), fut la vedette française la plus populaire des années 1950. La femme politique Martine Aubry, née Delors en 1950 à Paris, a été ministre du Travail au début des années 1990. La photographe belge Martine Franck (1938-2012) s'est fait connaître par ses portraits d'artistes et d'écrivains. L'actrice Martine Chevallier, née à Gap, a longtemps appartenu à la Comédie-Française.
Numérologie de Martine
| M | A | R | T | I | N | E | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 4 | 1 | 9 | 2 | 9 | 5 | 5 | 35 |
35 se réduit en 3 + 5 = 8. Martine porte le nombre d'expression 8, nombre de l'efficacité et de l'autorité en numérologie. Sans le E final, Martin tombe à 30, soit 3. Le rapprochement entre le 8 et le portrait d'une femme organisée tient de la coïncidence et ne prouve rien.
Questions fréquentes
Quelle est l'origine du prénom Martine ?
Martine est la forme féminine de Martin. Les deux viennent du latin Martinus et Martina, adjectifs tirés de Mars, le dieu romain de la guerre. Le prénom signifie donc « consacrée à Mars ». Il a été porté dès le IIIe siècle par une martyre romaine, sainte Martine.
Quelle est la date de la Sainte-Martine ?
La Sainte-Martine se fête le 30 janvier, en mémoire d'une martyre romaine du IIIe siècle à laquelle le pape Donus a consacré une basilique sur le Forum au VIIe siècle. Il ne faut pas la confondre avec la Saint-Martin, fêtée le 11 novembre.
Pourquoi y a-t-il autant de Martine nées dans les années 50 ?
Martine fait partie des prénoms portés par la vague du baby-boom : moderne, court, sans connotation vieillotte, il a séduit massivement les parents de l'après-guerre. Selon l'Insee, les naissances ont été multipliées par dix entre 1944 et 1949, avant un record en 1954. Comme souvent, cet engouement a ensuite provoqué une lassitude rapide.