Monique, le prénom de la mère d'Augustin et de toute une génération
Monique vient de Monica, nom de la mère de saint Augustin ; il s'agit probablement d'un nom libyque, c'est-à-dire berbère ancien, et non d'un mot grec. Le rapprochement avec monos, « seul », reste une étymologie populaire. Fêté le 27 août, Monique a compté parmi les grands succès féminins français de 1930 à 1950.
Monnica, un nom libyque
Sainte Monique est née vers 332 à Thagaste, l'actuelle Souk Ahras, en Algérie. Son nom est attesté sous la forme Monnica, que les historiens rattachent à une série de noms libyques formés sur la racine Monn-, en lien avec une divinité locale connue par une inscription de Thignica, en Tunisie actuelle. Le latin Monica est une adaptation de ce nom africain. Plus tard, on l'a rapproché du grec monos, « seul, unique », ou du latin monere, « avertir, conseiller », deux lectures commodes pour une mère qui ne cessa de conseiller son fils. Ces explications sont séduisantes, mais elles relèvent de l'interprétation et non de l'étymologie.
La mère obstinée des Confessions
Presque tout ce que l'on sait de Monique vient de son fils. Dans les Confessions, Augustin raconte les larmes et les prières de sa mère pendant ses années de doute, sa patience envers un mari païen et coléreux, et son voyage jusqu'en Italie pour le rejoindre. Il rapporte aussi leur dernière conversation à Ostie, peu avant qu'elle ne tombe malade et meure en 387, au moment où tous deux s'apprêtaient à rentrer en Afrique. Le prénom est ainsi devenu, dans la tradition chrétienne, celui de la persévérance maternelle et de l'espérance qui ne renonce pas.
Portrait traditionnel de Monique
Dans les recueils de prénoms, Monique est une femme de devoir, patiente et tenace, qui porte sa famille à bras-le-corps et ne lâche jamais une cause qu'elle juge juste. On lui prête un sens pratique solide, de la retenue affective et une loyauté sans faille. Le modèle de la sainte, mère inlassable, est ici transparent ; le portrait reste une tradition, pas une réalité observable.
Le 27 août, veille de la Saint-Augustin
Nominis fête Monique le 27 août, en mémoire obligatoire, c'est-à-dire inscrite au calendrier de toute l'Église catholique. La date a été choisie pour placer la mère à la veille de la fête de son fils, saint Augustin, célébré le 28 août. Elle est souvent invoquée comme patronne des mères. Nominis ne signale aucune autre sainte ou bienheureuse de ce nom, ce qui fait de Monique l'un des rares prénoms à n'avoir qu'une seule date possible.
Popularité : le prénom-emblème des années 1930 et 1940
D'après l'Insee, Monique reste confidentielle vers 1900. Tout change après 1920 : les naissances augmentent chaque année pendant près de vingt ans et dépassent les dix mille par an dès 1933. Le prénom reste à ce niveau pendant toute la guerre, puis atteint son record en 1946, au début du baby-boom. Il décline ensuite régulièrement, perd l'essentiel de ses naissances dans les années 1960 et devient marginal après 1980. Au total, le fichier recense près de quatre cent mille Monique, effectif qui la range parmi les prénoms féminins majeurs du siècle ; le prénom n'apparaît presque plus depuis 2010.
Monica, Monika, Mona
| Forme | Langue ou usage |
|---|---|
| Monnica | Libyque latinisé, Antiquité |
| Monica | Latin, italien, espagnol, anglais |
| Monika | Allemand, polonais, tchèque |
| Mônica | Portugais du Brésil |
| Mona, Moune | Diminutifs cités par Nominis |
Nominis cite aussi les formes Monia, Mouna et Moyna. La graphie avec K, Monika, est celle de plusieurs langues d'Europe centrale, tandis que le français a conservé la terminaison savante en -ique. En France, les contemporaines de Monique dans les registres sont Jacqueline, Simone ou Micheline.
Monique Serf, Monique Wittig, Monica Vitti
La chanteuse Barbara, autrice de L'Aigle noir et de Göttingen, s'appelait en réalité Monique Serf (1930-1997). La romancière et théoricienne féministe Monique Wittig (1935-2003) a publié L'Opoponax et Les Guérillères. En Italie, l'actrice Maria Luisa Ceciarelli (1931-2022) a choisi le prénom Monica pour son nom de scène, Monica Vitti, sous lequel elle a tourné L'Avventura et L'Éclipse avec Michelangelo Antonioni.
Monique en numérologie
| M | O | N | I | Q | U | E | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 4 | 6 | 5 | 9 | 8 | 3 | 5 | 40 |
40 se réduit à 4 + 0 = 4. Monique porte le nombre d'expression 4, dans lequel la numérologie voit la persévérance, au travail et à la stabilité, image qui recoupe par hasard la figure de la sainte. Écrit à l'italienne, Monica totalise 28, se réduit à 10 puis à 1. Ces rapprochements relèvent de la symbolique.
Questions fréquentes
Quelle est l'origine du prénom Monique ?
Monique vient du latin Monica, adaptation de Monnica, nom libyque de la mère de saint Augustin, née en Afrique du Nord au IVe siècle. Le rapprochement avec le grec monos, « seul », répété par les ouvrages grand public, relève d'une interprétation tardive, sans fondement historique solide.
Quand fête-t-on les Monique ?
Le 27 août, jour de sainte Monique, mère de saint Augustin. Il s'agit d'une mémoire obligatoire dans l'Église catholique, fixée à la veille de celle de son fils, célébré le 28 août. C'est la seule date d'usage pour les Monique et les Monica.
Pourquoi y a-t-il tant de Monique nées avant 1950 ?
Entre 1933 et 1950, Monique a franchi chaque année la barre des dix mille naissances d'après l'Insee. Ce prénom, moderne et catholique à la fois, a séduit une génération entière de parents, avant de passer brutalement de mode dans les années 1960. Les maternités ne l'utilisent presque plus.