Hippolyte, celui qui délie les chevaux : mythe, saint et renouveau
Hippolyte vient du grec Hippolutos, formé de hippos, « cheval », et luein, « délier » : il signifie « celui qui délie les chevaux » ou « dont les chevaux courent libres ». C'est le nom d'un héros tragique, fils de Thésée, et d'un saint romain fêté le 13 août. Très ancien, le prénom revit en France depuis les années 1990.
Hippos et luein : un nom de cavalier
Le premier élément, hippos, est le mot grec pour le cheval, que l'on retrouve dans hippodrome ou hippopotame, littéralement « cheval de fleuve ». Le second, le verbe luein, veut dire « délier, détacher, libérer ». Le composé peut se lire de deux façons : celui qui détache ses chevaux, prêts à partir, ou celui dont les chevaux filent à bride abattue. Le prénom Philippe, « qui aime les chevaux », est bâti sur le même mot grec.
Le fils de Thésée et la fureur de Phèdre
Dans la mythologie grecque, Hippolyte est le fils de Thésée et d'une reine des Amazones, Antiope ou Hippolyté selon les versions. Voué à Artémis et indifférent à l'amour, il provoque la colère d'Aphrodite, qui rend sa belle-mère Phèdre éperdument amoureuse de lui. Repoussée, Phèdre l'accuse auprès de Thésée, qui obtient de Poséidon la mort de son fils : un monstre surgi de la mer affole les chevaux du jeune homme, qui le traînent sur les rochers. Euripide a tiré de ce récit sa tragédie Hippolyte, et Racine sa Phèdre en 1677. Le nom annonçait, cruellement, la fin du héros.
Hippolyté, reine des Amazones
Le féminin du nom appartient à une autre figure du mythe. Hippolyté, fille d'Arès, régnait sur les Amazones et portait une ceinture offerte par son père ; Héraclès reçut pour mission de la lui prendre, dans l'un de ses douze travaux. En français, son nom s'écrit souvent Hippolyte, sans accent, ce qui entretient la confusion avec le fils de Thésée. Le fichier de l'Insee recense d'ailleurs quelques filles prénommées Hippolyte jusqu'aux années 1960, en nombre toujours très faible.
Le caractère attribué à Hippolyte
La tradition des prénoms voit en Hippolyte un homme indépendant et droit, épris de grands espaces, un peu farouche, fidèle à ses principes au point de paraître intransigeant. On évoque aussi son élégance, son goût des arts et une réserve qui tient parfois à distance. Derrière ce portrait se devinent le héros chaste et le cavalier : une construction littéraire, sans valeur descriptive.
Fête : saint Hippolyte, le 13 août
Nominis fête les Hippolyte le 13 août, mémoire facultative de saint Hippolyte de Rome. Prêtre de l'Église de Rome et d'expression grecque, il fut déporté en Sardaigne avec le pape Pontien sous l'empereur Maximin et y mourut martyr vers 235 ; les deux hommes sont honorés ensemble. Nominis le présente aussi comme un théologien opposé au pape Calixte, parfois qualifié de premier antipape, mais cette identification repose sur l'attribution discutée d'un traité et n'est plus admise par tous les historiens. Le calendrier compte d'autres Hippolyte, dont un abbé de Condat, dans le Jura, fêté le 20 novembre.
Popularité : l'oubli, puis le retour
Au début du XXe siècle, Hippolyte est un prénom assez répandu, mais déjà en déclin, selon le fichier de l'Insee. Le recul s'accentue après la Première Guerre mondiale, et le prénom devient exceptionnel de la fin des années 1950 jusqu'aux années 1980. Le retour est net à partir de 1990 : la courbe grimpe jusqu'au début des années 2000, où elle retrouve les niveaux de 1900, puis se stabilise à un niveau un peu inférieur. Hippolyte fait ainsi partie des prénoms anciens et savants que les parents ont redécouverts, sans devenir un prénom très courant.
Hippolyte et ses variantes
| Forme | Langue |
|---|---|
| Hippolutos | Grec ancien |
| Hippolytus | Latin, anglais |
| Hippolyte | Français |
| Ippolito | Italien |
| Hipólito | Espagnol, portugais |
| Hippolyta, Hippolyté | Féminin mythologique |
Dans la même veine gréco-latine, Hippolyte se marie avec Achille, Ulysse ou Léandre, autres héros des récits antiques redevenus des prénoms. Les formes étrangères restent rares en France : c'est la graphie savante, avec son h initial, ses deux p et son y, qui s'est imposée, fidèle à la transcription du grec.
Hippolyte Taine, Hippolyte Bayard, Hippolyte Girardot
Le philosophe et historien Hippolyte Taine (1828-1893), membre de l'Académie française, a marqué la pensée du XIXe siècle par ses travaux sur l'histoire, la littérature et l'art. Hippolyte Bayard (1801-1887), pionnier de la photographie, se mit en scène en octobre 1840 sur une image intitulée depuis Autoportrait en noyé, pour protester contre le peu de reconnaissance de son invention. L'acteur Hippolyte Girardot, né Frédéric Girardot en 1955 à Boulogne-Billancourt, a choisi ce prénom pour la scène.
Hippolyte en numérologie
| H | I | P | P | O | L | Y | T | E | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 8 | 9 | 7 | 7 | 6 | 3 | 7 | 2 | 5 | 54 |
Les neuf lettres donnent 54, puis 5 + 4 = 9. Hippolyte correspond donc au nombre d'expression 9, rattaché dans cette tradition à l'idéal, à la générosité et à l'ouverture sur le monde. Les deux P et le Y, qui valent 7 chacun, font à eux seuls plus du tiers du total. Ce calcul reste une convention ésotérique, sans lien avec le sens grec du nom.
Questions fréquentes
Que veut dire Hippolyte en grec ?
Hippolyte vient de Hippolutos, formé sur hippos, « cheval », et luein, « délier, détacher ». Le nom désigne celui qui détache ses chevaux ou dont les chevaux courent librement. Dans la tragédie, ce sens prend une couleur funeste, puisque le héros meurt traîné par ses propres chevaux emballés.
Qui était Hippolyte dans Phèdre ?
Dans la tragédie de Racine (1677), inspirée d'Euripide, Hippolyte est le fils de Thésée et d'une Amazone. Phèdre, épouse de Thésée, tombe amoureuse de lui. Accusé à tort, Hippolyte est maudit par son père et meurt lorsqu'un monstre marin effraie ses chevaux. Chez Racine, il aime lui-même une jeune femme, Aricie.
Quand fête-t-on les Hippolyte ?
Le 13 août, jour de saint Hippolyte de Rome, prêtre et théologien du IIIe siècle mort martyr en Sardaigne avec le pape Pontien, selon Nominis. Le 20 novembre, consacré à un abbé de Condat, dans le Jura, offre une autre possibilité, plus confidentielle.