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Denis, de Dionysos au premier évêque de Paris : sens, légende, vogue

Denis vient du grec Dionysios, qui signifie « consacré à Dionysos », le dieu de la vigne, du vin et de l'ivresse sacrée. Christianisé par de nombreux saints, le prénom s'est imposé en France grâce à saint Denis, premier évêque de Paris, fêté le 9 octobre. Sa grande époque va de 1950 à 1970.

Un nom païen devenu chrétien

Dionysios est un adjectif grec formé sur le nom de Dionysos, dieu que les Romains appelaient Bacchus. Porter ce nom revenait à se placer sous la protection du dieu, comme Apollonios sous celle d'Apollon ou Démétrios sous celle de Déméter. Les chrétiens n'ont pas abandonné ces noms théophores païens : le premier Denys célèbre de l'histoire chrétienne est un Athénien converti par saint Paul sur l'Aréopage, dont parlent les Actes des Apôtres. Le latin a transcrit Dionysius, et le français médiéval a contracté la forme en Denis ou Denys. Rien, dans le prénom actuel, ne rappelle plus le vin, mais l'origine reste transparente pour les hellénistes.

Trois Denys confondus en un seul

L'histoire de saint Denis est un bel exemple de fusion hagiographique. Vers 835, Hilduin, abbé de Saint-Denis, rédigea une vie de son saint patron qui l'identifiait à Denys l'Aréopagite, le disciple de saint Paul. On lui attribuait aussi les traités mystiques d'un auteur grec de la fin du Ve siècle, appelé aujourd'hui le Pseudo-Denys. L'évêque de Paris, missionnaire du IIIe siècle, se trouva ainsi paré du prestige d'un contemporain des apôtres et d'un grand théologien. Il a fallu attendre la critique historique moderne pour distinguer les trois personnages. Cette confusion a beaucoup contribué au rayonnement du prénom dans la France médiévale.

Traits de caractère prêtés à Denis

Les dictionnaires de prénoms campent Denis en homme jovial et convivial, bon vivant, généreux et loyal, doué pour la parole et attaché à ses racines. Ils lui accordent aussi un fond de sensibilité et parfois des sautes d'humeur. On reconnaît sans mal l'héritage de Dionysos, dieu de la fête. Rien là qu'une construction symbolique, sans rapport avec les Denis réels, nés surtout entre 1950 et 1970.

Saint Denis, patron de Paris et des rois

La fête de Denis tombe le 9 octobre, mémoire facultative de saint Denis et de ses compagnons, le prêtre Rustique et le diacre Éleuthère. Envoyé évangéliser la Gaule au IIIe siècle, Denis devint le premier évêque de Lutèce et fut décapité vers 250, selon la tradition, sur la butte de Montmartre, dont le nom est traditionnellement compris comme le « mont des martyrs ». La légende raconte qu'il ramassa sa tête et marcha vers le nord jusqu'au lieu de sa sépulture, où s'élève la basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France. Patron de la monarchie, il a donné le cri de guerre « Montjoie ! Saint Denis ! ». Nominis mentionne aussi le 25 mai pour Denis de Milan, évêque exilé au IVe siècle.

Popularité : un prénom de l'après-guerre

Vers 1900, l'Insee compte déjà deux à trois cents petits Denis par an, et la progression reste lente jusqu'en 1939. Le véritable essor date de 1945 : la courbe grimpe jusqu'au sommet de 1963 et reste haute jusqu'en 1970. Le déclin est ensuite rapide, si bien qu'au XXIe siècle il ne s'attribue plus qu'à quelques dizaines de nouveau-nés chaque année. Curieusement, Denise, le féminin, avait connu son apogée bien avant, en 1927, si bien que les Denise appartiennent en général à la génération précédant celle des Denis.

Denys, Dionisio, Dennis

FormeLangue ou usage
DionysiosGrec ancien
DenysGraphie française ancienne, encore employée pour certains saints
DionisioItalien, espagnol
DennisAnglais, allemand
DinisPortugais
DeniseFéminin français

Au Portugal, le roi Denis Ier, Dinis, né à Lisbonne le 9 octobre 1261, jour de la Saint-Denis, fut surnommé le « roi troubadour » pour ses poèmes ; il était l'époux de sainte Élisabeth de Portugal. En France, Denis a fréquenté les mêmes classes que Didier ou Bruno, de la même génération, tandis qu'Alain et Michel étaient souvent leurs aînés.

Diderot, Papin et d'autres Denis

Le philosophe Denis Diderot, né à Langres en 1713, dirigea avec d'Alembert l'Encyclopédie, grand chantier des Lumières. Le physicien Denis Papin, né près de Blois en 1647, est connu pour ses travaux pionniers sur la machine à vapeur. Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, est aussi acteur de cinéma et metteur en scène. Denis Brogniart anime Koh-Lanta sur TF1 depuis 2002. Le Québécois Denis Villeneuve, révélé par Incendies, a ensuite tourné pour Hollywood.

Denis en numérologie

DENISTotal
4559124

Les lettres de Denis s'additionnent en 24, et 2 + 4 = 6, nombre d'expression que l'on relie à la convivialité, au foyer et à la responsabilité. Denise, avec son E final, monte à 29, qui donne le maître nombre 11, laissé entier. Denys, avec le Y valant 7, donne 22, autre maître nombre. Ces résultats ne prouvent évidemment rien.

Questions fréquentes

Que signifie le prénom Denis ?

Denis signifie « consacré à Dionysos ». Il vient du grec Dionysios, nom formé sur celui du dieu du vin et de la fête, puis porté par de nombreux chrétiens, dont un disciple de saint Paul. En France, on pense d'abord à saint Denis, premier évêque de Paris.

Quand fête-t-on la Saint-Denis ?

Le 9 octobre, jour de saint Denis, évêque de Paris martyrisé au IIIe siècle avec Rustique et Éleuthère. Le calendrier romain l'honore par une mémoire facultative, et la basilique élevée sur sa tombe entretient son souvenir. D'autres Denis sont honorés localement, comme Denis de Milan le 25 mai.

Pourquoi saint Denis porte-t-il sa tête ?

Selon la légende, après avoir été décapité à Montmartre, Denis se releva, prit sa tête dans ses mains et marcha vers le nord jusqu'au lieu où il voulait être enseveli, à l'emplacement de l'actuelle basilique Saint-Denis. Les saints ainsi représentés sont appelés céphalophores, « porteurs de tête ».