Michel, l'archange des rois de France et des baby-boomers
Michel transcrit l'hébreu Mikha'el, « Qui est comme Dieu ? » : une question dont la réponse attendue est « personne ». Le nom est celui de l'archange, longtemps tenu pour le protecteur du royaume de France. Fêté le 29 septembre, le prénom a été massivement donné aux garçons nés entre les années 1930 et 1950, avec un pic en 1947.
Mikha'el, un nom en forme de question
Trois éléments hébreux composent ce nom : un pronom interrogatif, une particule de comparaison et El, le nom de Dieu. L'ensemble forme une question dont la réponse va de soi : nul n'est comparable à Dieu. Le livre de Daniel donne ce nom à l'ange protecteur du peuple d'Israël. Transcrit Michael en grec puis en latin, il s'est contracté en Michel dans la France médiévale. Les graphies avec « aël », comme Mickaël, sont des retours modernes vers la prononciation ancienne.
Saint Michel, patron du royaume
En France, le culte de l'archange a pris une dimension politique. Selon les annales du Mont-Saint-Michel, l'évêque Aubert d'Avranches y fit élever un oratoire en 708 après trois apparitions. Au XVe siècle, saint Michel devient le protecteur attitré de la monarchie : en 1469, à Amboise, Louis XI fonde l'ordre de Saint-Michel, dont le siège est fixé au Mont et la fête au 29 septembre. L'archange reste le saint patron du royaume jusqu'au vœu de Louis XIII, qui place la France sous la protection de la Vierge. Le Mont, lui, est resté l'un des grands lieux de pèlerinage de l'Occident médiéval.
Traits prêtés à Michel
Les dictionnaires de prénoms font de Michel un homme droit, travailleur et protecteur, attaché à sa famille, qui préfère la stabilité aux aventures. On le dit généreux mais autoritaire, capable de colères brèves, fidèle à ses amitiés. L'image de l'archange combattant et justicier transparaît dans ce portrait, qui reste une convention symbolique et ne renseigne sur aucune personne en particulier.
Fête : le 29 septembre
Nominis retient le 29 septembre, avec le statut de fête. Depuis 1969 et la révision du calendrier romain, ce jour réunit les trois archanges, Michel, Gabriel et Raphaël ; auparavant, il était consacré à saint Michel seul, et la date figurait déjà comme fête de l'ordre royal fondé par Louis XI. Le calendrier compte aussi de nombreux saints hommes nommés Michel, dont Michel Garicoïts, fondateur de la société des Prêtres du Sacré-Cœur, mort en 1863, mais la fête usuelle reste celle de l'archange. Les Michèle, Michelle et Micheline la partagent.
Popularité : le prénom-roi du milieu du siècle
Michel a été l'un des prénoms masculins les plus donnés du XXe siècle en France. Encore modeste au début du XXe siècle, il décolle dans les années 1920, devient très courant dans les années 1930 et atteint son maximum en 1947, au cœur du baby-boom. Les années 1930 à 1950 rassemblent les trois quarts des Michel recensés par l'Insee. Le déclin commence au cours des années 1960, s'accentue nettement la décennie suivante, et le prénom ne se rencontre plus guère à la maternité. Le relais a été pris, une génération plus tard, par la forme Mickaël.
Michel d'une langue à l'autre
| Forme | Langue |
|---|---|
| Mikha'el | Hébreu |
| Michael | Latin, anglais, allemand |
| Michele | Italien (masculin) |
| Miguel | Espagnol, portugais |
| Mikhaïl, Micha | Russe |
| Michał | Polonais |
| Michèle, Michelle, Micheline | Féminins français |
En Allemagne, le « deutscher Michel », personnage coiffé d'un bonnet de nuit, est une personnification nationale née sans doute à la Renaissance et utilisée surtout, aujourd'hui, par les caricaturistes. Le prénom y représente l'Allemand ordinaire, un peu naïf. Côté féminin, Michèle a suivi exactement le rythme de Michel, avec un sommet la même année, alors que Micheline avait culminé plus tôt, vers 1931.
Montaigne, Nostradamus, Michel-Ange
Michel Eyquem de Montaigne, l'auteur des Essais, est né en 1533 au château de Montaigne, en Guyenne. Michel de Nostredame, apothicaire provençal, a latinisé son nom en Nostradamus et publié Les Prophéties. Michel-Ange est la traduction française de Michelangelo Buonarroti, dont le prénom italien associe Michele et Angelo ; ses contemporains l'écrivaient Michelagnolo. Plus près de nous, le philosophe Michel Foucault s'appelait à l'état civil Paul-Michel ; Michel Legrand a composé pour le cinéma et joué du jazz ; Michel Platini a été le meneur de jeu de l'équipe de France de 1976 à 1987.
Michel en numérologie
| M | I | C | H | E | L | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 4 | 9 | 3 | 8 | 5 | 3 | 32 |
4 + 9 + 3 + 8 + 5 + 3 = 32, puis 3 + 2 = 5. Le nombre d'expression 5 est interprété comme celui de l'adaptabilité et de l'ouverture. Les féminins divergent : Michèle, avec un E final, totalise 37, soit 10 puis 1 ; Michelle, qui double le L, atteint 40 et se réduit à 4.
Questions fréquentes
Que veut dire Michel en hébreu ?
Michel transcrit l'hébreu Mikha'el, « Qui est comme Dieu ? ». La formule est une question dont la réponse implicite est « personne » : elle proclame que rien ni personne ne peut se comparer à Dieu. C'est le nom de l'archange que la Bible présente comme chef des armées célestes.
Pourquoi fête-t-on la Saint-Michel le 29 septembre ?
Le 29 septembre était déjà, au Moyen Âge, le jour de saint Michel ; Louis XI en fit la fête de l'ordre de chevalerie qu'il créa en 1469. Depuis 1969, l'Église y associe les archanges Gabriel et Raphaël. Nominis donne à cette date le rang liturgique de fête.
Michel est-il encore donné aujourd'hui ?
Très peu. Après son sommet de 1947, Michel a reculé à partir des années 1960 ; il ne figure plus aujourd'hui que dans quelques dizaines d'actes de naissance chaque année. Il a laissé la place à sa forme moderne Mickaël, très donnée dans les années 1980, et plus récemment à des prénoms bibliques comme Gabriel ou Raphaël.