Corinne, de la poétesse de Tanagra aux filles des années 1960
Corinne vient du grec Korinna, rattaché à korê, « jeune fille ». Le nom a été porté par une poétesse grecque de l'Antiquité, puis popularisé en France par le roman Corinne ou l'Italie de Madame de Staël. Sans sainte de ce nom, il se fête le 18 mai et a connu ses grandes années de 1958 à 1972.
Korinna et korê
Le grec korê désigne la jeune fille. Le mot a aussi un emploi religieux, puisque Korê, « la Jeune Fille », est le surnom de Perséphone, fille de Déméter, et il a donné en histoire de l'art le nom des statues féminines archaïques, les corés. Korinna est considérée comme une formation affectueuse sur cette base, avec le sens de « petite jeune fille ». Nominis signale une autre étymologie, avancée par certaines sources, qui relierait Corinne au celtique korventenn, « ouragan », et la rapprocherait de Corentin ; cette hypothèse est beaucoup moins suivie et s'accorde mal avec l'attestation grecque du nom, bien antérieure.
Deux Corinne littéraires
La première est historique : Corinne de Tanagra, poétesse de Béotie que les auteurs antiques, comme Plutarque et Pausanias, présentent comme la rivale du grand Pindare ; quelques fragments de ses poèmes ont été retrouvés sur des papyrus. La seconde est romanesque : en 1807, Germaine de Staël publie Corinne ou l'Italie, histoire d'amour entre une poétesse italienne et un lord anglais, Oswald Nelvil, doublée d'un vaste tableau de l'Italie. Le succès du livre installe durablement le prénom dans l'imaginaire français comme celui d'une femme libre, cultivée et inspirée.
Le tempérament associé à Corinne
Les ouvrages de prénoms attribuent à Corinne une personnalité énergique et chaleureuse, un goût pour la communication et les arts, de la fantaisie et un fort besoin d'indépendance. On la dit aussi fidèle, franche et parfois impatiente. L'héroïne de Madame de Staël, femme brillante qui refuse de sacrifier son talent, a manifestement nourri cette image, qui reste de l'ordre de la tradition.
Fête : le 18 mai, avec saint Dioscore
Il n'existe pas de sainte Corinne reconnue. Nominis rattache le prénom à saint Dioscore, martyr à Alexandrie vers 303, fêté le 18 mai en fête locale. Ce collecteur d'impôts égyptien est présenté par le site comme le patron provisoire des Cora, Corinne, Coralie et Coraline, « en attendant qu'une femme ainsi nommée soit mise sur les autels ». Le rapprochement ne tient qu'à la première syllabe : c'est une convention. Libre aux familles de choisir plutôt la Toussaint ou le saint d'un second prénom.
Popularité : un prénom du début des années 1960
Avant 1945, Corinne est pratiquement absente des registres de l'Insee. Le prénom apparaît au début des années 1950, puis connaît une ascension fulgurante : entre 1955 et 1963, les naissances sont multipliées par près de dix. Le sommet est atteint en 1963, et un second maximum presque aussi élevé intervient en 1967. La descente commence vers 1968, s'accélère au cours de la décennie suivante et laisse un prénom devenu rare dès le milieu des années 1980. En 2020 et 2021, le prénom n'apparaît même plus dans le fichier, qui omet les prénoms donnés moins de trois fois dans l'année. La graphie Corine, plus rare, suit la même évolution.
Corinne, Corinna et Cora
| Forme | Langue ou usage |
|---|---|
| Korinna | Grec ancien |
| Corinna | Latin, italien, allemand, anglais |
| Corinne, Corine | Français |
| Cora | Forme courte, aussi prénom autonome |
| Coralie, Coraline | Prénoms rapprochés par la fête |
Coralie évoque plutôt le corail, et Corentin, que la tradition donne pour premier évêque de Quimper, porte un nom breton. Dans les classes d'âge des années 1960, Corinne côtoie Sylvie, Pascale, Isabelle et Christine.
Corinne à la télévision, dans le sport et en politique
Corinne Masiero, née à Douai en 1964, incarne la gendarme de la série Capitaine Marleau. Corinne Touzet a joué de 1996 à 2007 l'héroïne d'Une femme d'honneur sur TF1. Corinne Hermès, née Corinne Bondeaux, a gagné l'Eurovision 1983 sous les couleurs du Luxembourg. Ancienne internationale, Corinne Diacre est devenue en 2014 la première Française à entraîner une équipe masculine professionnelle, le Clermont Foot. Corinne Lepage, avocate engagée pour l'environnement, a été ministre de l'Environnement de 1995 à 1997.
Corinne en numérologie
| C | O | R | I | N | N | E | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 3 | 6 | 9 | 9 | 5 | 5 | 5 | 42 |
La somme 42 se réduit en 4 + 2 = 6. Voilà Corinne sous le signe du nombre d'expression 6, emblème de bienveillance et du sens esthétique selon les numérologues. Avec un seul N, Corine totalise 37, puis 10, soit 1. Ce ne sont que des correspondances de convention.
Questions fréquentes
Quelle est l'origine du prénom Corinne ?
Corinne vient du grec Korinna, nom formé sur korê, « jeune fille ». Il a été porté dans l'Antiquité par une poétesse de Tanagra, en Béotie, rivale de Pindare selon la tradition. En France, le prénom doit beaucoup au roman de Madame de Staël, Corinne ou l'Italie, publié en 1807.
Quand fête-t-on les Corinne ?
Aucune sainte ne porte ce prénom. Par convention, Nominis rattache Corinne à saint Dioscore, martyr à Alexandrie vers 303, fêté le 18 mai en fête locale, qu'il désigne aussi comme patron des Cora et Coralie. Toute autre date choisie par la famille est tout aussi légitime.
Corinne est-il un prénom des années 1960 ?
Oui. Quasiment inconnu avant 1950, Corinne a explosé à la fin des années 1950, atteint son record en 1963 et s'est maintenu très haut jusqu'en 1967, d'après l'Insee. Le recul a été rapide, et depuis 2000 le prénom n'est pour ainsi dire plus choisi.