Corentin, saint de Cornouaille : origine, légende et popularité
Corentin est un prénom breton, celui de saint Corentin, premier évêque de Quimper selon la tradition, appelé Kaourintin en breton. Son sens reste inconnu : on y a lu l'ouragan, ou bien l'amitié. Fêté le 12 décembre, le prénom a connu un succès national dans les années 1990.
Un nom breton au sens incertain
Le nom est connu par sa forme latine, Corentinus, et par les formes bretonnes Kaourintin ou Kaour. Son étymologie divise. Nominis retient un rapprochement avec le breton korventenn, « tourbillon, ouragan », qui ferait du saint un homme au tempérament impétueux. Certains dictionnaires de prénoms y lisent plutôt une racine celtique exprimant l'affection, d'où un sens d'« ami » ou d'« aimé », sans davantage de preuves. Les sources anciennes manquent pour départager ces pistes. Ce qui est certain, en revanche, c'est l'origine bretonne et l'attache du nom à la Cornouaille, la région de Quimper.
Saint Corentin et le poisson miraculeux
La tradition fait de Corentin un ermite de Plomodiern, au pied du Ménez-Hom, avant que le roi Gradlon, souverain semi-légendaire de Cornouaille, ne l'appelle pour devenir le premier évêque de Quimper au Ve siècle. La Bretagne le range parmi ses Sept Saints fondateurs. Sa légende la plus connue raconte qu'un poisson se présentait chaque jour dans la fontaine de son ermitage : l'ermite en coupait un morceau pour se nourrir, et le poisson repoussait. Le saint l'aurait même partagé avec Gradlon et sa cour, égarés à la chasse. Le poisson est resté son attribut, et la cathédrale gothique de Quimper lui est dédiée.
Le caractère du prénom selon les recueils
Les livres de prénoms décrivent Corentin comme un garçon énergique et volontaire, parfois impulsif, dans la ligne de l'étymologie de l'ouragan, mais aussi fidèle, généreux et attaché à ses racines, par allusion au saint breton. On lui prête un grand besoin d'indépendance. Rien, dans ce tableau hérité de la légende et de l'étymologie, ne peut se vérifier chez les garçons qui portent le prénom.
Fête : le 12 décembre
Nominis fixe la Saint-Corentin au 12 décembre, fête locale : patron du diocèse finistérien, saint Corentin y est particulièrement honoré. Le site rapporte aussi un dicton de saison : « À la Saint-Corentin, le plein hiver glace le chemin. » La même date peut servir à Corentine, forme féminine rare du prénom. Il s'agit bien d'une fête propre, sans rattachement à un autre saint.
Popularité en France : la vague de 1993
Quelques Corentin naissent chaque année vers 1900 ; le prénom s'éteint presque dans les années 1950 et 1960, selon l'Insee. Il reparaît à partir de 1976 et accélère pendant les années 1980. Le changement de rythme est spectaculaire en 1993, année où les naissances doublent presque par rapport à 1992. La hausse se poursuit jusqu'au sommet de 1996, suivi d'un plateau jusqu'en 2000, puis d'un déclin régulier. En quelques années, ce prénom breton est ainsi devenu un prénom courant partout en France.
Kaourintin, Corentine : les formes du prénom
| Forme | Langue ou usage |
|---|---|
| Corentin | Français |
| Kaourintin, Kaour | Breton |
| Corentinus | Latin |
| Corentine | Féminin |
Autres prénoms bretons ou perçus comme tels : Erwan, Malo, Tanguy ou Yann. Titouan, souvent classé parmi eux, a une tout autre origine. Corentin partage enfin sa décennie de gloire avec Bastien. D'après l'Insee, Corentine, plus fréquente au début du XXe siècle que dans les années 1950, n'a jamais approché la diffusion du masculin, même au moment de sa vogue.
Des Corentin connus
Le milieu de terrain Corentin Tolisso, né à Tarare en 1994, fait partie des Bleus sacrés champions du monde en Russie en 2018. Le joueur de tennis Corentin Moutet, né en 1999 à Neuilly-sur-Seine, évolue sur le circuit professionnel depuis 2016. Plus tôt, Corentin Celton, syndicaliste et résistant communiste né en 1901 à Ploaré, dans le Finistère, fut fusillé par les nazis au Mont-Valérien en 1943 ; une station de la ligne 12 du métro parisien porte son nom.
Numérologie de Corentin
| C | O | R | E | N | T | I | N | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 3 | 6 | 9 | 5 | 5 | 2 | 9 | 5 | 44 |
Les huit lettres donnent 3 + 6 + 9 + 5 + 5 + 2 + 9 + 5 = 44, puis 4 + 4 = 8. Le nombre d'expression 8 traduit, pour les numérologues, l'ambition, l'autorité et le sens du concret. Certaines écoles s'arrêtent sur le 44, mais la convention courante ne retient comme maîtres nombres que 11, 22 et 33. Ces lectures n'ont pas de base scientifique.
Questions fréquentes
Corentin est-il un prénom breton ?
Oui. Corentin est le nom d'un saint breton du Ve siècle, que la tradition présente comme le premier évêque de Quimper et comme l'un des Sept Saints de la Bretagne. En breton, il se dit Kaourintin. Longtemps rare, le prénom s'est diffusé dans toute la France à partir des années 1990.
Quelle est la signification de Corentin ?
Le sens exact n'est pas connu. Nominis le rattache au breton korventenn, « ouragan », tandis que d'autres y voient une racine celtique signifiant « aimer », d'où « ami ». Les deux hypothèses circulent dans les dictionnaires de prénoms, sans qu'aucune source ancienne permette de trancher.
Quand fête-t-on les Corentin ?
Le 12 décembre, jour de saint Corentin, patron du diocèse de Quimper. Nominis la classe comme fête locale, donc surtout célébrée en Bretagne, mais la date vaut pour tous les Corentin. Les Corentine sont fêtées le même jour.