Catherine, un nom grec mystérieux que l'on a cru « pur »
Catherine vient du grec Aikaterinê, dont le sens originel est inconnu ; le rapprochement avec katharos, « pur », est une réinterprétation chrétienne ancienne qui a modifié l'orthographe du nom. Fêté notamment le 25 novembre avec Catherine d'Alexandrie, patronne des catherinettes, le prénom a atteint son sommet français en 1963.
Aikaterinê : un sens perdu
La forme grecque la plus ancienne du nom est Aikaterinê, que ni les linguistes ni les historiens n'ont pu expliquer avec certitude. Plusieurs pistes ont été avancées, sans qu'aucune ne s'impose. Au début de l'ère chrétienne, le nom a été rapproché de l'adjectif katharos, « pur », en raison de la vertu prêtée à la martyre d'Alexandrie. Ce rapprochement a déteint sur l'écriture : le latin Katharina, avec son a et son h, en porte la trace. Nominis relaie d'autres hypothèses, plus fragiles encore, qu'il faut lire comme des curiosités.
Catherine d'Alexandrie et les catherinettes
Selon la tradition, Catherine d'Alexandrie était une jeune chrétienne très savante, martyrisée au début du IVe siècle pour avoir tenu tête à l'empereur ; son existence historique est débattue, mais son culte a été immense au Moyen Âge, et elle compte parmi les voix entendues par Jeanne d'Arc. Patronne des jeunes filles, elle a donné naissance à une coutume française : le 25 novembre, les confréries de jeunes filles coiffaient sa statue. De là vient l'expression « coiffer sainte Catherine », être encore célibataire à vingt-cinq ans. Les catherinettes perpétuent la tradition dans les milieux de la couture, avec des chapeaux souvent jaunes et verts.
Le caractère associé à Catherine
Dans les recueils de prénoms, Catherine apparaît cultivée et volontaire, d'une grande droiture, capable de défendre ses idées avec éloquence. On lui prête de l'autorité, un sens de l'organisation et une fidélité sans faille, avec une part d'intransigeance. On y reconnaît la martyre savante d'Alexandrie et les reines qui ont porté le nom ; rien de cela n'est vérifiable, et chaque Catherine s'en écarte à sa façon.
Les nombreuses fêtes de Catherine
Nominis retient quatre dates principales. Le 25 novembre, mémoire facultative, honore Catherine d'Alexandrie. Le 29 avril, mémoire obligatoire, est celui de Catherine de Sienne, tertiaire dominicaine morte en 1380, déclarée docteur de l'Église par Paul VI en 1970 avec Thérèse d'Avila. Le 28 novembre, en fête locale, célèbre Catherine Labouré, fille de la Charité liée à la « médaille miraculeuse », et le 24 mars Catherine de Suède, fille de sainte Brigitte. Le calendrier offre donc un choix plus large que pour la plupart des prénoms.
Popularité : le pic de 1963
Répandu vers 1900, Catherine décline ensuite jusqu'aux années 1930. L'Insee montre ensuite une remontée pendant la guerre, une ascension très rapide dans les années 1950 et un record en 1963 ; les deux décennies 1950 et 1960 concentrent à elles seules la plupart des Catherine du siècle. L'effondrement commence avant 1970, et vers 1990 le prénom n'est presque plus choisi. Ses dérivés ont pris le relais : Karine dans les années 1970, puis Katia ou Cathy chez une partie des parents.
Catherine d'un pays à l'autre
| Forme | Langue |
|---|---|
| Aikaterinê, Ekaterini | Grec ancien, grec moderne |
| Katharina, Katrin | Allemand |
| Caterina | Italien |
| Catalina | Espagnol |
| Ekaterina, Katia | Russe |
| Katherine, Kathleen | Anglais, irlandais |
| Katell | Breton |
Nominis range aussi Karine, Cathy, Katia et Kessy parmi les dérivés. Catherine appartient à la même génération que Brigitte et Christine. En Russie, Ekaterina a été porté par deux impératrices, Catherine Ire et Catherine II. Le breton Katell et l'irlandais Kathleen montrent que le nom a aussi pénétré les langues celtiques.
Deux souveraines et deux actrices
Catherine de Médicis, née à Florence, fut reine de France de 1547 à 1559 aux côtés d'Henri II, puis mère de trois rois, François II, Charles IX et Henri III. Catherine II de Russie, dite la Grande, née Sophie d'Anhalt-Zerbst en Poméranie, régna sur l'Empire russe à partir de 1762 et prit en devenant orthodoxe le prénom de Catherine. Au cinéma, Catherine Deneuve, née Catherine Dorléac, a pris le nom de jeune fille de sa mère ; sa sœur Françoise Dorléac, avec qui elle tourna Les Demoiselles de Rochefort, mourut en 1967.
Catherine et le maître nombre 11
| C | A | T | H | E | R | I | N | E | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 3 | 1 | 2 | 8 | 5 | 9 | 9 | 5 | 5 | 47 |
3 + 1 + 2 + 8 + 5 + 9 + 9 + 5 + 5 = 47, puis 4 + 7 = 11. Ce maître nombre reste entier ; le nombre d'expression 11 passe pour celui de l'inspiration et de l'idéalisme. Le diminutif Cathy, lui, totalise 21 et se réduit à 3.
Questions fréquentes
Que signifie le prénom Catherine ?
Le sens premier de Catherine est inconnu. Le nom grec Aikaterinê ne s'explique pas avec certitude. Dès l'Antiquité chrétienne, on l'a rapproché de katharos, « pur », et c'est ce sens de pureté que la tradition retient. Il s'agit toutefois d'une interprétation, pas d'une étymologie démontrée.
Quand fête-t-on les Catherine ?
La date la plus connue est le 25 novembre, fête de Catherine d'Alexandrie et jour des catherinettes. Le 29 avril honore Catherine de Sienne, dont la mémoire a un rang plus élevé dans le calendrier romain. Le 28 novembre et le 24 mars sont d'autres possibilités.
Que veut dire coiffer sainte Catherine ?
L'expression désigne une femme encore célibataire à vingt-cinq ans. Elle vient des confréries de jeunes filles qui, chaque 25 novembre, coiffaient la statue de sainte Catherine ; celles qui se mariaient laissaient ce soin aux autres. La fête survit surtout dans les métiers de la mode.