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Boris, du khan bulgare aux cours de récré : origine, fête et porteurs

Boris est un prénom d'Europe orientale d'origine bulgare, que la tradition slave rattache à la racine bor-, « combat ». Son sens premier reste incertain, faute de connaître la langue des anciens Bulgares. Il se fête le 2 mai avec saint Boris Ier, premier souverain chrétien de Bulgarie, et s'est implanté chez nous au cours des années 1970.

Bogoris, un nom venu des steppes

La forme la plus ancienne connue est Bogoris, nom porté au IXe siècle par le khan des Bulgares, peuple d'origine turque installé au sud du Danube, qui s'est progressivement fondu dans la population slave. Le nom appartenait donc à une langue aujourd'hui disparue, et aucune traduction sûre n'en est connue. Par la suite, les locuteurs slaves l'ont entendu comme un dérivé de bor-, « lutter, combattre », présent dans Borislav, « gloire du combat ». Nominis retient ce sens de « combat ». Rien n'oblige à choisir : un nom étranger a pu être réinterprété à l'aide d'un mot familier.

Un prénom de princes et de tsars

Boris doit sa diffusion dans le monde orthodoxe à des figures princières. Après le khan bulgare, deux princes de Kiev l'ont rendu vénérable, puis la Russie l'a associé au pouvoir avec Boris Godounov, boyard devenu tsar en 1598 et mort en 1605, au début du « temps des troubles ». Son destin a inspiré à Pouchkine une tragédie et à Moussorgski un opéra. En Europe occidentale, le prénom a longtemps sonné russe, ce qui peut expliquer qu'il soit resté presque inconnu des Français avant les années 1950.

Caractère : l'image véhiculée par les livres de prénoms

Dans ces ouvrages, Boris apparaît comme un homme entier, d'un tempérament affirmé, parfois bourru mais chaleureux avec ses proches. Ils lui supposent également une vie intérieure intense, un goût des arts et une certaine nostalgie, une touche d'âme slave inspirée par la sonorité du prénom. Ces traits sont le fruit d'associations culturelles et ne décrivent pas les garçons qui le portent.

Saint Boris de Bulgarie et les martyrs de Kiev

Nominis place la fête de Boris au 2 mai, fête locale du khan Boris Ier, mort en 907. Baptisé en 864 par un évêque venu de Byzance, il reçut le nom chrétien de Michel en l'honneur de son parrain, l'empereur Michel III, et fit de la Bulgarie un pays chrétien. L'Église orthodoxe le vénère comme « égal aux apôtres ». Une autre date, le 24 juillet, honore localement Boris et Gleb, fils du prince Vladimir de Kiev, assassinés en 1015 sur ordre de Sviatopolk, qui convoitait le trône : selon leur légende, ils refusèrent de se défendre pour ne pas faire couler le sang. Canonisés en 1072, ils sont les premiers saints de la Rus' de Kiev.

Popularité : l'arrivée des années 1970

Avant 1960, les relevés de l'Insee comptent au mieux quelques dizaines de Boris par an. Le prénom commence à monter au milieu des années 1960 et fait un bond vers 1970. S'ouvre alors un long plateau pendant près de vingt-cinq ans, avec un point haut en 1988, avant de reculer à partir de 1995. Depuis 2015, il est redevenu rare. L'œuvre de Boris Vian, redécouverte par la jeunesse des années 1960, a peut-être contribué à cette acclimatation, hypothèse que les chiffres seuls ne sauraient confirmer.

Borys, Barys et les prénoms slaves voisins

FormeLangue
BorisRusse, bulgare, serbe, français, allemand
BorysPolonais, ukrainien
BarysBiélorusse
BogorisForme ancienne du nom du khan
BoryaDiminutif russe

Boris appartient au petit groupe des prénoms d'origine russe ou slave devenus familiers en France, avec Igor, Ivan ou Vadim, et plus tard Dimitri, qui a culminé presque la même année que lui. Borys, la forme polonaise, se prononce presque comme la française.

Boris Vian, Pasternak, Cyrulnik, Becker

Boris Vian, né en 1920 à Ville-d'Avray et mort en 1959, fut à la fois ingénieur, romancier, trompettiste de jazz, parolier et chanteur ; L'Écume des jours est son roman le plus connu. Le Russe Boris Pasternak, auteur du Docteur Jivago, reçut en 1958 un Nobel de littérature qu'il dut refuser sous la pression des autorités soviétiques. Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, né à Bordeaux en 1937, s'est fait connaître par ses livres sur la résilience. L'Allemand Boris Becker a remporté Wimbledon en 1985, à dix-sept ans.

Boris en numérologie

BORISTotal
2699127

Le calcul 2 + 6 + 9 + 9 + 1 donne 27, et 2 + 7 aboutit à 9, nombre d'expression que la numérologie relie à l'humanisme et à la générosité. Avec ses deux 9, pour le R et le I, Boris concentre les valeurs les plus hautes de la grille en seulement cinq lettres. Cette lecture n'a qu'une valeur de jeu.

Questions fréquentes

Boris est-il un prénom russe ?

On le croit volontiers russe, mais son origine est bulgare : le premier porteur connu est le khan Bogoris, baptisé en 864. Il a ensuite gagné l'Europe orthodoxe, de la Serbie à la Russie et à l'Ukraine, avant de gagner l'Europe occidentale au XXe siècle.

Que veut dire Boris en slave ?

Les langues slaves le rapprochent de la racine bor-, qui exprime la lutte, et le traduisent volontiers par « combattant ». Cette interprétation est probablement secondaire : le nom existait chez les Bulgares avant leur slavisation, dans une langue dont on ignore presque tout. Son sens d'origine demeure donc inconnu.

Quand fête-t-on les Boris ?

Le 2 mai, jour de saint Boris Ier de Bulgarie, le souverain qui a converti son peuple au christianisme. Certains calendriers proposent aussi le 24 juillet, en mémoire des princes Boris et Gleb, fils de Vladimir de Kiev, tués en 1015 et vénérés comme martyrs.