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Le cheval comme emblème : de la statue équestre au logo automobile

Comme symbole, le cheval signifie la puissance maîtrisée et le prestige de celui qui le monte : il élève le cavalier au-dessus des autres. Rois, saints, régions et constructeurs automobiles l'ont adopté, souvent cabré. En tatouage, il exprime davantage la liberté, l'élan ou le lien avec un cheval réel.

Origine du cheval comme emblème

Dès l'Antiquité, monter à cheval distingue l'élite. La statue équestre de Marc Aurèle, au Capitole de Rome, a survécu parce qu'on la croyait représenter Constantin, empereur chrétien ; elle a servi de modèle à toute la sculpture équestre de la Renaissance, du Gattamelata de Donatello aux rois de France sur leurs places royales. Le Moyen Âge associe le cheval à la chevalerie, dont il fournit le nom même, et aux saints cavaliers : saint Martin partageant son manteau à Amiens, saint Georges terrassant le dragon. Les peuples germaniques ont aussi leur cheval emblématique : le cheval blanc bondissant des Saxons, attribué au chef Widukind par une tradition tardive, figure toujours sur les armes de la Basse-Saxe.

Le cheval selon ses postures et ses usages

Posture ou objetExemplesSens
Cheval cabréFerrari, Porsche, armes de StuttgartÉnergie, fougue, performance
Cheval bondissantBasse-Saxe, comté de Kent (devise Invicta)Liberté, invincibilité régionale
Cheval au galopFord MustangEspace sauvage, indépendance américaine
Cheval atteléLogo HermèsSavoir-faire de sellier, élégance
Cavalier sur sa montureStatues équestres, saints guerriersAutorité, victoire, domination de soi
Cavalier des échecsPièce en forme de tête de chevalStratégie, mouvement imprévisible

En héraldique, un cheval sans harnais est dit « gai », et un cheval dressé sur ses pattes arrière « effaré » ou « cabré ».

Sens spirituel et symbolique

Platon, dans le Phèdre, compare l'âme à un attelage : un cocher tient deux chevaux, l'un noble, l'autre rétif, et doit les conduire ensemble vers le haut. Cette image a traversé toute la pensée occidentale : le cheval y figure les forces vitales et les passions, que la raison doit guider sans les briser. Le christianisme médiéval reprend l'idée, le cavalier maître de sa monture devenant l'image du chrétien maître de ses désirs. Au tarot de Marseille, Le Chariot montre un prince dont les deux montures semblent tirer chacune de son côté, lecture proche de l'attelage platonicien. Les approches spirituelles actuelles insistent plutôt sur la liberté et l'alliance entre l'humain et l'animal.

Le cheval en tatouage

Au-delà du portrait de cheval, plusieurs motifs ont un sens propre. Le cheval cabré dans un écusson jaune imite la marque Ferrari et signale une passion pour la course automobile. Le cheval de manège, avec barre dorée et harnachement fleuri, évoque l'enfance, la fête foraine et la nostalgie, souvent en style néo-traditionnel coloré. Le cavalier d'échecs, petit et graphique, se choisit pour la stratégie ou pour sa capacité à contourner les obstacles, puisqu'il est la seule pièce à sauter par-dessus les autres. Les cavaliers et cavalières d'équitation préfèrent souvent la ligne d'un cheval réel, un mors ou un étrier discrets, sur la cheville ou la nuque. L'attelage à deux chevaux, enfin, se lit comme l'équilibre entre deux forces.

Le cheval sur les bijoux et les objets

Les selliers devenus maisons de luxe ont transformé l'équipement équestre en ornement. Le mors de cheval orne depuis les années 1950 les mocassins et sacs d'une grande maison italienne, et les étriers, étrivières et fers se retrouvent sur les boucles de ceinture et les foulards de soie. La chevalière gravée d'un cheval rappelle souvent une famille d'éleveurs ou un club hippique. Les chevaux de bois du Dala, peints en rouge vif, sont devenus un emblème touristique de la Suède. Dans les écuries, la tête de cheval en fer forgé orne portes et plaques, et les trophées de concours ont fixé la rosette comme symbole de réussite équestre.

Contresens et précautions

Une légende urbaine prétend que les pattes levées d'une statue équestre indiquent comment le cavalier est mort : deux pattes au combat, une patte de ses blessures, aucune de mort naturelle. Aucune convention de ce type n'existe, et de nombreuses statues la contredisent. Le cheval de Porsche et celui de Ferrari ne sont pas le même animal : le premier vient des armes de Stuttgart, dont le nom dérive d'un haras, le second de l'avion d'un pilote italien de la Première Guerre mondiale. Enfin, reproduire un logo de marque en tatouage relève d'un usage personnel toléré, mais pas d'une exploitation commerciale.

Symboles proches

Le cheval blanc et le cheval noir ont chacun une symbolique propre, notamment dans l'Apocalypse. Pégase lui donne des ailes, la licorne une corne, et le fer à cheval transforme son équipement en talisman. Pour le tempérament prêté au cheval comme guide, consultez le cheval animal totem ; pour les songes, rêver de cheval ; pour le pictogramme, l'emoji tête de cheval.

Questions fréquentes

Que signifie le cheval cabré de Ferrari ?

Il vient de l'avion de Francesco Baracca, as italien de l'aviation mort en 1918. Sa mère proposa en 1923 à Enzo Ferrari de l'utiliser comme porte-bonheur. Ferrari conserva le cheval noir cabré et ajouta le fond jaune, couleur de sa ville, Modène. Il symbolise la fougue, la victoire et le prestige italien.

Quel sens donner à un cheval tatoué ?

Il exprime la liberté, la puissance, l'élan ou la loyauté, et rend souvent hommage à un cheval réel. Selon la forme, le sens change : cheval de manège pour l'enfance, cavalier d'échecs pour la stratégie, attelage pour l'équilibre entre deux forces, mors ou étrier pour la passion de l'équitation.

Les pattes d'une statue équestre ont-elles un sens ?

Non. On raconte que le nombre de pattes levées indique si le cavalier est mort au combat, de ses blessures ou naturellement, mais aucune règle de ce genre n'a jamais existé chez les sculpteurs. La posture dépend du choix artistique, de la technique de fonte et de l'effet recherché, calme ou héroïque.

Pourquoi les rois se faisaient-ils représenter à cheval ?

Durant des millénaires, le cheval a donné à ceux qui en possédaient un avantage décisif à la guerre, pour le commerce et pour gouverner de vastes territoires. L'entretenir coûtait cher, le monter supposait un apprentissage. Le cavalier dominait littéralement le piéton, d'où les statues équestres des souverains et le mot même de chevalerie.