Ismail et Ismaïl, le fils d'Abraham dans sa forme arabe
Ismail est la forme arabe d'Ismaël et signifie « Dieu entend » : c'est le nom du fils aîné d'Abraham, prophète dans le Coran. En France, on l'écrit avec ou sans tréma, Ismaïl étant devenu la graphie la plus fréquente. Cette forme n'apparaît dans aucun calendrier de saints.
De Yishmaʿel à Ismâʿîl
Le prénom remonte à l'hébreu Yishmaʿel, phrase qui associe le verbe « entendre » au nom divin El. L'arabe l'a reçu sous la forme Ismâʿîl (إسماعيل), où la voyelle longue finale et la consonne gutturale ʿayn, placée avant elle, distinguent le mot de l'Ismaël français. L'analyse détaillée du nom hébreu et du récit de la Genèse figure à la page Ismaël. Retenons ici que les deux prénoms ont exactement le même sens et désignent le même personnage : seule change la langue par laquelle ils sont arrivés jusqu'à l'état civil français.
Le prophète Ismaïl dans l'islam
Pour les musulmans, Ismaïl est un prophète et, selon la tradition, l'ancêtre des Arabes du Nord. Le Coran le cite plusieurs fois, notamment aux côtés d'Idris et de Dhû l-Kifl, qu'il range parmi « les endurants » (sourate 21). La tradition le relie à La Mecque, où il aurait grandi avec sa mère Hajar, et à la construction de la Kaaba avec son père Ibrahim. Beaucoup de familles choisissent donc le prénom pour sa dimension prophétique et pour l'image de patience et de soumission confiante qu'il porte. Le nom a aussi donné celui des ismaéliens, branche du chiisme qui se réclame d'Ismaïl, fils de l'imam Jaʿfar al-Sâdiq, au VIIIe siècle.
Traits associés au prénom
Dans les recueils spécialisés, Ismail passe pour un garçon posé, patient et loyal, doté d'un sens aigu de la famille et d'une volonté tenace. Ces ouvrages évoquent également sa réserve, qui ferait de lui un ami fidèle plutôt qu'un séducteur démonstratif. Ce portrait s'inspire de la figure du prophète, obéissant et endurant. Cette image symbolique ne renseigne sur aucun Ismail réel.
Une fête pour Ismail ?
Nominis ne répertorie pas Ismail ni Ismaïl. Il recense en revanche Ismaël, avec la date du 16 juin, attribuée à un saint Ismaël, évêque gallois du VIe siècle, dont plusieurs églises du pays de Galles portent le nom. Le même site cite aussi, au 17 juin, les martyrs Manuel, Sabel et Ismaël, trois frères perses tués à Chalcédoine au IVe siècle. Une famille chrétienne attachée à cette coutume peut ainsi emprunter l'une ou l'autre par l'intermédiaire d'Ismaël. Dans l'islam, la célébration des prénoms n'existe pas ; le prénom est plutôt rappelé lors de l'Aïd al-Adha, qui commémore le sacrifice épargné.
Popularité en France
Le fichier de l'Insee signale des Ismail au début des années 1960 ; quelques Ismaïl avec tréma apparaissent une douzaine d'années plus tard. En additionnant les deux formes, le prénom progresse sans rupture pendant quarante ans, puis accélère nettement après 2010 jusqu'au record de 2017. La répartition entre graphies a changé en chemin : dans les fichiers, la forme avec tréma ne se distingue vraiment qu'à partir de 2010, puis elle devance Ismail dès les années suivantes. En 2021, dernière année disponible, il reste très présent.
Graphies et formes régionales
| Forme | Langue ou région |
|---|---|
| Ismaïl, Ismail | Transcriptions françaises de l'arabe |
| İsmail | Turc, avec i pointé majuscule |
| Smaïl, Smail | Arabe maghrébin, forme populaire |
| Esmail, Esmaeil | Persan |
| Ismaël | Français, par le latin biblique |
| Ismaila | Afrique de l'Ouest |
Le tréma n'a qu'un rôle de lecture : il empêche de prononcer « ai » comme dans « mais ». Dans le même récit biblique et coranique, Ibrahim désigne le père et Isaac le demi-frère.
Ismaïl dans l'histoire
Ismaïl Ier, né en 1487 à Ardabil, fonde en 1501 l'empire séfévide et en devient le premier chah, dont le règne a profondément marqué l'histoire de l'Iran. En Égypte, Ismaïl Pacha gouverne comme khédive de 1863 à 1879 ; c'est sous son autorité qu'est inauguré le canal de Suez, en 1869, et que Le Caire se dote de quartiers à l'européenne. Ces deux souverains ont porté le prénom à des époques et dans des contextes très différents, persan pour l'un, ottoman et égyptien pour l'autre.
Numérologie d'Ismail
| I | S | M | A | I | L | Somme |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 9 | 1 | 4 | 1 | 9 | 3 | 27 |
La somme des lettres atteint 27, que l'on ramène à 2 + 7 = 9, avec ou sans tréma. Le nombre d'expression 9 passe, en numérologie, pour le signe d'un tempérament généreux tourné vers autrui. Ismaël, dont le e (5) remplace le second i (9), n'aboutit qu'à 23 et donc à 5 : deux formes d'un même nom se voient attribuer des profils opposés, signe évident de l'arbitraire du système.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre Ismail et Ismaël ?
Aucune quant au sens : les deux signifient « Dieu entend » et désignent le fils d'Abraham et d'Agar. Ismaël est la forme française, venue de la Bible grecque puis latine. Ismail ou Ismaïl reprend directement l'arabe Ismâʿîl, nom coranique du prophète. Le choix de la graphie reflète souvent l'origine culturelle de la famille.
Faut-il mettre un tréma à Ismaïl ?
Ce n'est pas obligatoire. Le tréma indique qu'on prononce « is-ma-il » en séparant le a et le i ; sans lui, un lecteur français pourrait dire « is-mèl ». Les deux graphies sont admises par l'état civil. Depuis les années 2010, les parents français préfèrent nettement le tréma.
Ismail est-il un prénom du Coran ?
Oui. Ismaïl est l'un des prophètes cités dans le Coran, où il apparaît avec son père Ibrahim lors de l'élévation des fondations de la Kaaba et parmi les hommes loués pour leur patience. Le prénom se rencontre ainsi de la Turquie à l'Indonésie en passant par le Maghreb.