Édith, de la princesse Eadgyth à Piaf : sens, saintes et popularité
Édith vient du vieil anglais Eadgyth, qui associe ead, « richesse, prospérité », à gyth, « combat » : le prénom évoque une combattante heureuse ou prospère. Nom de princesses et de saintes anglo-saxonnes, il se fête le 16 septembre ou le 9 août. En France, sa grande période s'étend de 1945 à 1965.
Eadgyth, un nom de la cour de Wessex
Édith est un prénom venu du vieil anglais, la langue des Anglo-Saxons. En vieil anglais, ead désigne la richesse, la fortune ou le bonheur, et gyth, que l'on trouve aussi écrit guth, la bataille. Comme pour les noms germaniques continentaux, l'assemblage ne forme pas une phrase : il additionne deux qualités souhaitées. Nominis, qui classe Édith avec les noms germaniques, ne retient que l'idée de richesse. Au Xe siècle, la famille royale de Wessex le donne à plusieurs de ses filles.
Des reines avant les saintes
Édith d'Angleterre, née vers 910 et petite-fille d'Alfred le Grand, épousa le futur empereur Otton le Grand et mourut à Magdebourg en 946. Un siècle plus tard, une autre Eadgyth, Édith de Wessex, devint l'épouse d'Édouard le Confesseur, roi d'Angleterre de 1042 à 1066 ; elle fit écrire une biographie de son mari. Il faut attendre l'époque contemporaine pour que ce nom royal anglais devienne un prénom courant en France, où sa brièveté se marie facilement à un nom de famille.
Le portrait d'Édith dans les recueils
Selon les dictionnaires de prénoms, Édith serait une femme volontaire, droite et exigeante, capable de dévouement, avec une sensibilité profonde qu'elle laisse rarement paraître. On lui prête un goût de la parole franche et une endurance face aux épreuves, écho évident au « combat » de l'étymologie et au destin de quelques porteuses célèbres. Ce portrait relève du folklore onomastique et ne dépeint aucune femme réelle.
Deux fêtes : le 16 septembre et le 9 août
Nominis donne le 16 septembre, fête locale de sainte Édith de Wilton, fille du roi Edgar, élevée dans l'abbaye de Wilton, dans le Wiltshire, où elle mourut vers 984 à vingt-trois ans. Le 9 août, seconde date, est célébré avec le rang de fête : c'est celle de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, née Edith Stein en 1891 à Breslau dans une famille juive, philosophe devenue carmélite, morte à Auschwitz en 1942. Canonisée en 1998, elle a été proclamée l'année suivante copatronne de l'Europe. Nominis signale aussi une Édith martyre avec ses sœurs Frida et Sabine, honorée localement.
Popularité : un sommet juste après la guerre
Selon l'Insee, Édith est déjà bien présent en 1900, avec deux à trois cents naissances chaque année, et gagne du terrain dans l'entre-deux-guerres. La vraie vague arrive après 1945 : le prénom culmine en 1950 et demeure très fréquent jusque vers 1965. Le recul est ensuite rapide et, vers l'an 2000, Édith n'est plus choisi que pour quelques dizaines de fillettes chaque année. En additionnant Edith, Édith et l'ancienne graphie Edithe, on observe depuis 2016 une petite remontée, portée par le goût des prénoms rétro. Le fichier de l'Insee n'enregistrant correctement les accents que depuis peu, seule la somme des graphies est fiable.
Edith, Editha, Edyta
| Forme | Langue ou usage |
|---|---|
| Eadgyth | Vieil anglais |
| Edith | Anglais, allemand, graphie française sans accent |
| Editha | Forme latinisée médiévale |
| Edyta | Polonais |
| Edithe | Ancienne graphie française |
Édith partage son premier élément, ead, avec Edgar, Edmond ou Édouard, tous issus de la même aristocratie anglo-saxonne. La forme sans accent reste la norme en anglais et en allemand. Dans la même génération, on croise aussi Monique, Jacqueline ou Françoise.
Édith Piaf, Edith Cavell et d'autres Édith
La plus célèbre est Édith Piaf : son acte de naissance, en décembre 1915, la nomme Édith Giovanna Gassion ; Piaf n'est qu'un nom de scène, venu du surnom de « Môme Piaf » qu'on lui donnait à ses débuts. Ses parents l'avaient prénommée en hommage à Edith Cavell, infirmière britannique fusillée par les Allemands en Belgique deux mois plus tôt pour avoir aidé des soldats alliés à s'évader. Édith Cresson, née Campion en 1934, a été la première femme Première ministre en France, de 1991 à 1992. La romancière américaine Edith Wharton, née Edith Newbold Jones, fut la première femme à recevoir le prix Pulitzer du roman, en 1921.
Édith en numérologie
| E | D | I | T | H | Total |
|---|---|---|---|---|---|
| 5 | 4 | 9 | 2 | 8 | 28 |
L'accent ne modifie pas la valeur du E. L'addition 5 + 4 + 9 + 2 + 8 donne 28, puis 2 + 8 = 10 et 1 + 0 = 1 : Édith relève du nombre d'expression 1, rattaché par les numérologues à la volonté et à l'indépendance. La lettre H, qui vaut 8, pèse lourd dans ce petit prénom. Cette grille n'est qu'un code symbolique.
Questions fréquentes
Que signifie le prénom Édith ?
Édith est la forme moderne du vieil anglais Eadgyth. Le premier élément, ead, veut dire « richesse » ou « bonheur », le second, gyth, « combat ». On le rend donc par « riche au combat » ou « combattante prospère », en gardant à l'esprit que ces noms anciens juxtaposaient deux idées positives plutôt qu'ils ne formaient une phrase.
Pourquoi Édith Piaf s'appelait-elle Édith ?
Née à Paris le 19 décembre 1915, la future chanteuse a été prénommée en hommage à Edith Cavell, infirmière anglaise exécutée en Belgique par l'armée allemande le 12 octobre précédent. L'affaire avait suscité une indignation internationale. Piaf n'est pas son nom de naissance : elle s'appelait Gassion.
Quand fête-t-on les Édith ?
Le 16 septembre, avec sainte Édith de Wilton, princesse anglaise morte jeune au Xe siècle, ou le 9 août, avec Edith Stein, carmélite morte à Auschwitz et copatronne de l'Europe. La seconde date est la plus solennelle, la première la plus ancienne.