Cédric, un prénom né d'un roman : Ivanhoé, Cerdic et saint Cedd
Cédric est un prénom littéraire : il apparaît en 1819 dans Ivanhoé, où Walter Scott l'a tiré, semble-t-il, du nom de Cerdic, fondateur légendaire du royaume de Wessex. Cerdic serait lui-même d'origine brittonique, donc celtique. Fêté le 26 octobre, Cédric s'est hissé vers 1978 au rang des prénoms de garçons les plus choisis.
De Cerdic à Cedric : une coquille de génie ?
Dans Ivanhoé, roman paru en décembre 1819, Walter Scott met en scène un seigneur saxon attaché aux traditions de son peuple, Cedric de Rotherwood, père du héros et tuteur de lady Rowena. Avant ce livre, aucun Cedric n'est attesté. L'explication la plus admise veut que l'écrivain ait adapté, ou mal transcrit, Cerdic, nom du roi qui aurait fondé le Wessex au VIe siècle et dont les souverains britanniques font traditionnellement remonter leur lignée. Or Cerdic ne semble pas anglo-saxon : les linguistes le rattachent au brittonique Coroticus, nom celtique. Nominis propose de son côté une étymologie celtique, kad, « combat », et rik, « roi », qui relève davantage de la reconstruction que de l'attestation.
Le petit lord qui a lancé la mode
Le prénom resta confidentiel jusqu'au succès d'un autre livre. En 1885 et 1886, l'Américaine Frances Hodgson Burnett publie Le Petit Lord Fauntleroy, dont le héros, Cedric Errol, est un garçon new-yorkais au cœur d'or qui découvre qu'il est l'héritier d'un comte anglais. Porté par l'immense succès du roman, Cedric devient un vrai prénom chez les anglophones. Côté français, il faudra attendre près d'un siècle pour que ce nom au parfum de chevalerie saxonne s'impose, en pleine vogue des prénoms anglo-saxons et celtiques.
Traits prêtés à Cédric
La littérature des prénoms dessine un Cédric franc et chevaleresque, sportif, sociable, très attaché à la loyauté et d'une énergie communicative, parfois un peu têtu. On retrouve dans ce portrait le seigneur saxon d'Ivanhoé autant que le petit lord généreux. Ces associations restent littéraires : elles ne décrivent en rien les Cédric réels, dont le seul point commun certain est d'être nés, pour la plupart, à la même époque.
Saint Cedd, fêté le 26 octobre
Il n'existe pas de saint Cédric à proprement parler. Nominis fixe la fête au 26 octobre en l'identifiant à saint Cedd, dont le nom est proche. Moine formé à Lindisfarne par saint Aidan, frère de saint Chad, Cedd évangélisa les Saxons de l'Est et devint leur évêque ; il fonda l'abbaye de Lastingham, dans le Yorkshire, où il mourut de la peste en 664. Nominis indique qu'il servait volontiers d'interprète grâce à sa connaissance des langues, ce qui lui vaut d'être présenté comme patron des interprètes. Le rapprochement entre Cedd et Cédric est une convention de calendrier, non une parenté de noms.
Popularité : la génération 1972-1986
Avant 1960, l'Insee ne compte presque aucun Cédric. Le prénom émerge vers 1965, puis vient l'envolée de 1969-1974, période durant laquelle les naissances décuplent presque. Le sommet est atteint en 1978, et Cédric reste un choix fréquent jusque vers 1986. Il reflue ensuite sans à-coups et se raréfie nettement après 2010. Les graphies Cédrick et Cédrik, plus rares, suivent la même courbe. Cédric est donc typique des garçons nés sous Giscard d'Estaing et au début des années Mitterrand.
Cedric, Cédrick, Cédrine : les graphies
| Forme | Usage |
|---|---|
| Cedric | Anglais, néerlandais, allemand, graphie française sans accent |
| Cédric | Français |
| Cédrick, Cédrik | Variantes françaises |
| Cédrine | Féminin rare, signalé par Nominis |
| Cerdic | Nom du roi saxon d'origine |
Dans les écoles des années 1980, Cédric partageait les bancs avec Sébastien, Ludovic, Jérôme ou Nicolas. Aucun de ces prénoms n'a toutefois une origine aussi romanesque, puisque tous existaient bien avant de passer dans les pages d'un roman.
Cédric Klapisch, Cédric Villani, Cédric Pioline
Né en 1961 à Neuilly-sur-Seine, le réalisateur Cédric Klapisch s'est fait connaître avec Le Péril jeune et Chacun cherche son chat, avant L'Auberge espagnole. Le mathématicien Cédric Villani, né à Brive-la-Gaillarde en 1973, a reçu la médaille Fields en 2010, puis s'est engagé en politique. Cédric Pioline, né en 1969, a été cinquième joueur mondial de tennis et a disputé deux finales de Grand Chelem. Le pâtissier Cédric Grolet, chef pâtissier du Meurice, a été désigné meilleur pâtissier du monde par le classement 50 Best en 2018.
Cédric, un maître nombre 33
| C | E | D | R | I | C | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 3 | 5 | 4 | 9 | 9 | 3 | 33 |
La somme 3 + 5 + 4 + 9 + 9 + 3 atteint exactement 33, un maître nombre, laissé tel quel par les numérologues. Il est présenté comme celui de l'enseignement bienveillant et du service aux autres. Avec la graphie Cédrick, le K ajoute 2 : le total passe à 35, réduit à 8. Il s'agit d'une tradition ésotérique, sans valeur démontrée.
Questions fréquentes
Quelle est l'origine du prénom Cédric ?
Cédric vient du roman Ivanhoé de Walter Scott, publié en 1819, où il désigne un noble saxon. L'auteur s'est probablement inspiré de Cerdic, roi fondateur du Wessex, nom lui-même d'origine celtique. Le prénom s'est ensuite répandu grâce au Petit Lord Fauntleroy, dont le héros s'appelle Cedric Errol.
Y a-t-il un saint Cédric ?
Pas exactement. Les calendriers fêtent les Cédric le 26 octobre, en les rattachant à saint Cedd, évêque anglo-saxon du VIIe siècle mort en 664 dans son abbaye de Lastingham. C'est la proximité des sonorités qui a guidé ce choix, Cedric n'existant pas avant le XIXe siècle.
Cédric est-il un prénom celtique ?
Indirectement. Les dictionnaires français le classent souvent parmi les prénoms celtiques, et Nominis y lit « combat » et « roi ». Historiquement, le prénom est une création anglaise du XIXe siècle, mais Cerdic, son modèle probable, viendrait bien du brittonique, langue celte de l'île avant l'arrivée des Anglo-Saxons.