signification.org

Alan, le prénom breton d'Alain et son énigme étymologique

Alan est la forme bretonne, galloise et anglaise d'Alain, un nom dont l'origine n'est pas tranchée. L'hypothèse la mieux reçue le rattache aux Alains, peuple nomade iranien installé en Gaule à la fin de l'Antiquité ; d'autres proposent une racine celtique. On le fête le 9 septembre.

Les Alains ou le celtique ?

Deux familles d'explications s'affrontent. La première part des Alani, cavaliers nomades de langue iranienne venus des steppes du Caucase, apparentés aux Scythes et aux Sarmates. Au Ve siècle, certains groupes alains se fixent en Gaule, notamment autour d'Orléans, et servent Rome ; plusieurs noms de lieux en gardent la trace. Le nom ethnique serait devenu nom de personne, comme Franc ou Germain. La seconde famille cherche une origine brittonique, et les propositions varient : « petit rocher », « beau », « joyeux » ou même « cerf ». Aucune de ces racines celtiques n'a convaincu l'ensemble des spécialistes, alors que la piste des Alains s'appuie sur des faits historiques. Le plus prudent reste de dire que le sens exact est inconnu.

Un prénom de Bretagne

Quelle que soit son origine, Alan est attesté en Bretagne dès le haut Moyen Âge et y a été porté par plusieurs ducs et comtes, dont Alain Barbetorte au Xe siècle. Quand Guillaume de Normandie conquiert l'Angleterre, en 1066, de nombreux seigneurs bretons l'accompagnent, et leur nom s'implante outre-Manche. En français, la forme savante est devenue Alain, tandis que le breton et l'anglais ont gardé Alan. Le choix d'Alan en France signale donc souvent un attachement à la Bretagne, ou un goût pour les prénoms à consonance anglophone, les deux lectures coexistant.

Le tempérament prêté aux Alan

Les ouvrages spécialisés décrivent Alan comme un garçon calme et réfléchi, fiable, attaché à ses amitiés et à sa terre d'origine, doté d'une volonté tenace sous des dehors paisibles. On y lit aussi un penchant pour la rêverie. Ce portrait puise dans l'imaginaire breton du prénom, fait de landes, de mer et de légendes ; il ne décrit aucun porteur réel et n'a pas plus de valeur qu'un horoscope.

Fête : le 9 septembre

Nominis fête Alan le 9 septembre, avec le bienheureux Alain de la Roche, fête locale. Né en Bretagne vers 1428, ce dominicain prêcha en France, en Flandre et en Allemagne et œuvra à la diffusion du chapelet : il fonda à Douai, en 1470, la première confrérie du Rosaire. Il mourut en 1475. Ce bienheureux est distinct de saint Alain, patron de Lavaur, dans le Tarn, dont le nom se dit Alan en occitan et auquel la cathédrale de la ville est dédiée.

Popularité : un prénom des années 1990

Dans les statistiques de l'Insee, la forme Alan, pratiquement inconnue avant 1970, gagne du terrain sans relâche durant trente ans jusqu'à son maximum de 2000. La graphie Allan, apparue un peu plus tard, connaît un bond soudain en 1998 et atteint alors son plus haut niveau. Si l'on additionne les deux orthographes, la fin des années 1990 constitue le sommet, suivie d'un recul continu : au début des années 2020, Alan est redevenu peu fréquent. Pendant la même période, Alain, prénom très courant des années 1940 et 1950, n'a cessé de décliner.

De Alain à Allen

FormeLangue ou usage
AlainFrançais
AlanBreton, gallois, anglais
Allan, AllenAnglais, écossais
Alana, AlanisFéminins modernes
AlanicForme bretonne dérivée

Toutes ces formes remontent au même nom médiéval ; seules la langue et l'époque de diffusion les distinguent. La forme française est traitée sur la page Alain. Parmi les prénoms bretons choisis à la même époque, Alan côtoie Erwan, Yann, Ewen ou Tanguy.

Trois Alan marquants

Le mathématicien britannique Alan Turing, né à Londres en 1912, est l'un des fondateurs de l'informatique théorique et a contribué au décryptage des codes allemands entre 1939 et 1945, notamment ceux de la machine Enigma. Le musicien Alan Stivell, né Alain Cochevelou à Riom en 1944, a relancé la harpe celtique et la musique bretonne ; il a adopté la forme bretonne de son prénom. L'acteur britannique Alan Rickman, mort en 2016, reste pour beaucoup le professeur Rogue des films Harry Potter.

Alan et le nombre 1

ALANTotal
131510

Le calcul est bref : 1 + 3 + 1 + 5 = 10, puis 1 + 0 = 1. Chez les numérologues, le nombre d'expression 1 est celui de l'initiative et de l'indépendance. Avec deux L, Allan totalise 13 et se réduit à 4, nombre de la stabilité : la graphie choisie change donc le « message », ce qui en dit long sur la fragilité de ces interprétations.

Questions fréquentes

Alan est-il un prénom breton ?

Tout à fait : Alan est la forme bretonne d'Alain, portée en Bretagne dès le Moyen Âge, y compris par des ducs. Elle est aussi anglaise et galloise : le nom s'est répandu en Angleterre après la conquête normande de 1066, avec les seigneurs bretons qui y ont pris part. En France, le prénom garde une forte connotation bretonne.

Que veut dire Alan ?

Son sens est incertain. On le rattache souvent au peuple des Alains, nomades iraniens établis en Gaule au Ve siècle. Des étymologies celtiques ont aussi été avancées, avec les sens de « rocher » ou de « beau », sans faire l'unanimité. Les livres de prénoms retiennent tantôt l'une, tantôt l'autre.

Faut-il écrire Alan ou Allan ?

Les deux graphies sont admises. Alan correspond à la forme bretonne traditionnelle ; Allan, avec deux L, est une variante anglaise et écossaise. En France, Allan a connu un pic brutal à la fin des années 1990, tandis qu'Alan a mieux résisté ensuite. La fête reste la même, le 9 septembre.