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Le samouraï : du guerrier historique au symbole d'honneur

Le samouraï symbolise la loyauté, la discipline et l'acceptation sereine du danger, incarnées par le guerrier noble japonais. Cette image idéale doit beaucoup à des textes tardifs : les samouraïs réels, une classe sociale qui a duré près de sept siècles, furent aussi des administrateurs, des lettrés et des acteurs politiques pragmatiques.

Origine historique des samouraïs

Le mot vient du verbe ancien saburau, « servir » : le samouraï est d'abord celui qui est au service d'un seigneur. À l'époque de Heian, entre le Xe et le XIIe siècle, des guerriers provinciaux armés gagnent en puissance au service de la cour et des grands domaines. Après la guerre de Genpei, Minamoto no Yoritomo fonde à Kamakura le premier shogunat, gouvernement militaire, et reçoit le titre de shogun en 1192.

Des siècles de guerres, jusqu'à la fin du XVIe siècle, sont suivis de la longue paix de l'époque d'Edo (1603-1868). Les samouraïs, une minorité estimée à quelques pour cent de la population, deviennent surtout des fonctionnaires, dont le sabre reste le signe de rang. La restauration de Meiji abolit leurs privilèges : en 1876, le port du sabre en public est interdit, et la rébellion de Satsuma, menée en 1877 par Saigō Takamori, marque la fin de leur résistance.

Les attributs et leur signification

AttributSignification
Katana et wakizashi (daishō)Paire de sabres réservée à la classe guerrière sous Edo : statut, honneur
Armure et casque (kabuto)Rang, lignée ; le cimier affiche parfois une devise ou un emblème
Blason familial (kamon)Appartenance à un clan
Masque de protection (menpō)Intimidation de l'adversaire, visage de démon ou de vieillard
Fleur de cerisierVie brève, mort acceptée au moment juste, image surtout valorisée à l'époque moderne
RōninSamouraï sans maître, libre ou déchu

Sens spirituel et philosophique

Les samouraïs pratiquaient le bouddhisme, en particulier le zen, apprécié pour sa discipline de l'esprit, ainsi que le shintoïsme, tandis que le confucianisme structurait leur morale de fidélité. Le mot bushidō, « voie du guerrier », apparaît surtout à l'époque d'Edo, et sa diffusion mondiale tient au livre Bushido, l'âme du Japon, publié en anglais en 1900 par Nitobe Inazō. Ce code idéalisé met en avant la droiture, le courage, la bienveillance, la politesse, la sincérité, l'honneur et la loyauté. L'histoire des quarante-sept rōnin, qui vengèrent leur seigneur en 1703 avant de recevoir l'ordre de se donner la mort, en est devenue l'illustration la plus célèbre.

Le samouraï en tatouage

Le guerrier en armure, sabre dégainé, est un sujet majeur des tatouages d'inspiration japonaise, souvent sur le dos, la cuisse ou la manche complète. Il est entouré de pétales de cerisier, de fumée, de vagues ou d'un masque d'oni. Le casque seul, le masque menpō ou deux sabres croisés offrent des versions plus compactes. Les porteurs y cherchent la discipline, la maîtrise de soi, la fidélité à ses engagements, la force tranquille. Un samouraï au sabre planté dans le sol évoque parfois la fin d'un combat ou le deuil d'un proche ; un rōnin, l'indépendance ou le fait d'avancer seul.

Du musée à l'écran : le samouraï dans les objets

Les armures anciennes et les sabres signés par de grands forgerons sont des pièces de musée ou de collection, et certains sabres sont classés trésors nationaux au Japon. Dans les foyers japonais, on expose encore des casques et poupées de guerriers lors de la fête des Garçons, le 5 mai, pour souhaiter force et santé aux enfants. Le cinéma a fixé l'image mondiale du samouraï : Les Sept Samouraïs d'Akira Kurosawa, en 1954, a inspiré des westerns, puis les chevaliers Jedi de Star Wars doivent beaucoup à ce modèle.

Contresens, récupérations et précautions

Le samouraï incorruptible est largement un mythe : trahisons, changements de camp et calculs politiques ont jalonné l'histoire de la classe guerrière. Le bushidō tel qu'on le cite aujourd'hui est une construction de la fin du XIXe siècle, que le militarisme japonais a ensuite exploitée jusqu'en 1945, notamment pour justifier le sacrifice des soldats. Autre idée reçue : les samouraïs auraient été tatoués. Au contraire, sous Edo, le tatouage était surtout le fait des artisans, des pompiers ou des condamnés. Enfin, le seppuku, suicide rituel, ne doit pas être romancé : c'était souvent une peine imposée.

Symboles proches

Le tatouage japonais replace le guerrier parmi les grands motifs de l'irezumi. L'épée développe la symbolique du sabre et de la lame. La fleur de cerisier, l'oni et le masque hannya accompagnent souvent le samouraï sur la peau. La geisha, autre figure du Japon d'Edo, est souvent son pendant féminin dans les compositions. Voyez aussi rêver d'une épée et l'emoji épées croisées.

Questions fréquentes

Que symbolise le samouraï ?

Il symbolise l'honneur, la loyauté envers ses engagements, la discipline, le courage et le calme face au danger. Cette image vient en grande partie du bushidō, code idéalisé diffusé à la fin du XIXe siècle. Dans la réalité historique, les samouraïs formaient une classe sociale aux comportements aussi variés que ceux de n'importe quelle élite.

Que signifie un tatouage de samouraï ?

Il exprime généralement la force maîtrisée, la persévérance, le dévouement envers les siens et la constance dans ses principes. Selon les détails, le sens varie : un sabre levé évoque le combat, un sabre planté la paix ou le deuil, un casque seul la protection, un rōnin l'indépendance.

Quand les samouraïs ont-ils disparu ?

Leur disparition est progressive. La restauration de Meiji, à partir de 1868, supprime les privilèges de la classe guerrière ; le port du sabre est interdit en 1876, et la rébellion de Satsuma est écrasée en 1877. Les anciens samouraïs deviennent fonctionnaires, militaires, enseignants ou entrepreneurs.

Est-ce qu'il y avait des femmes samouraïs ?

Des femmes de la classe guerrière apprenaient le maniement de la lance naginata pour défendre la maison, et certaines ont combattu. Tomoe Gozen, au XIIe siècle, est la plus célèbre, bien que son histoire mêle légende et réalité. Lors de la guerre de Boshin, en 1868, Nakano Takeko mena un groupe de femmes au combat à Aizu.