Om, aum, ॐ : le son sacré de l'Inde et ce que signifie son signe
Om (ou aum) est la syllabe sacrée de l'hindouisme, considérée comme le son primordial qui contient l'univers et le principe absolu, le brahman. On la prononce au début et à la fin des prières et des mantras. Le signe ॐ est un symbole religieux vivant, partagé aussi par le bouddhisme et le jaïnisme.
Origine historique de la syllabe om
La syllabe apparaît dans la littérature védique, où elle ouvre et ferme la récitation des hymnes. Les Upanishads, textes philosophiques rédigés sur plusieurs siècles au cours du Ier millénaire av. J.-C., en font un objet de méditation à part entière. La Chandogya Upanishad s'ouvre sur l'éloge de la syllabe ; la Mandukya Upanishad, très brève, est entièrement consacrée à son analyse. La Bhagavad-Gita y revient aussi, et les Yoga-Sutras de Patanjali présentent la répétition de om comme un moyen de se tourner vers le principe divin.
Le signe écrit ॐ combine, en écriture devanagari, la lettre du son « o » et un point surmontant un croissant, le chandrabindu, qui note la nasalisation finale. Chaque écriture indienne en possède sa propre forme ; Unicode lui attribue la position U+0950, et un emoji 🕉️ le reprend.
Signification dans les traditions indiennes
| Élément | Lecture selon la Mandukya Upanishad et ses commentaires |
|---|---|
| A | État de veille, conscience tournée vers le monde extérieur |
| U | État de rêve, conscience intérieure |
| M | Sommeil profond sans rêve |
| Silence qui suit | Turiya, le « quatrième », conscience pure qui englobe les trois autres |
| Point et croissant du signe | Lus par des commentateurs plus tardifs comme l'absolu et le voile de l'illusion |
D'autres lectures associent les trois sons à la triade divine Brahma, Vishnou et Shiva, ou aux trois mondes (terre, atmosphère, ciel). Dans le jaïnisme, om est interprété comme l'abréviation des initiales des cinq êtres suprêmes ; dans le bouddhisme tibétain, il ouvre de nombreux mantras, dont Om mani padme hum.
Sens spirituel et pratique
Pour les hindous, om n'est pas un simple symbole mais une présence : le prononcer revient à se relier à l'ordre du monde. On le chante seul ou en ouverture des mantras, on l'inscrit sur les seuils des maisons, les faire-part, les autels domestiques. Dans le yoga pratiqué en Occident, le « om » chanté en début ou en fin de séance sert souvent à marquer un temps de recueillement et à allonger l'expiration. Certaines études s'intéressent aux effets du chant sur la détente, mais elles restent limitées : on ne peut pas attribuer à la syllabe de propriété thérapeutique démontrée.
L'om en tatouage
Le signe ॐ est fréquemment tatoué sous la nuque, au creux du poignet, entre les omoplates ou sur les côtes, parfois accompagné d'un lotus, d'un mandala ou d'un unalome. Les personnes qui le choisissent y voient un rappel de méditation, de paix intérieure ou d'un voyage en Inde. Trois précautions sont utiles. Faites vérifier le tracé, car les versions inversées ou déformées sont courantes. Évitez les zones basses du corps, en particulier les pieds et les chevilles : dans la culture indienne, les pieds sont considérés comme impurs, et y placer une syllabe sacrée choque beaucoup de croyants. Enfin, gardez en tête qu'il s'agit d'un emblème religieux, non d'un motif décoratif neutre.
L'om en bijou et en objet
Pendentifs en argent ou en or, bols chantants gravés, statues de Ganesh portant le signe, tentures et encens : l'om est présent dans l'artisanat indien et népalais comme dans les boutiques de bien-être en Europe. En Inde, il orne les temples, les voitures et les boutiques, souvent à l'entrée ou en hauteur. Certaines personnes rattachent la silhouette du signe à celle de Ganesh, la trompe correspondant à la courbe du bas ; c'est une lecture dévotionnelle répandue dans certaines régions.
Contresens et précautions
Réduire om à un « son de relaxation » ou à un logo zen efface sa dimension sacrée. Plusieurs polémiques récentes ont visé des marques ayant imprimé le signe sur des chaussures, des paillassons, des leggings ou des sièges de toilette : ces produits ont été retirés après des protestations d'associations hindoues. Autre confusion à éviter : l'om n'est pas le Ik Onkar (ੴ) des sikhs, qui affirme l'unicité de Dieu et possède sa propre histoire. Porter ce symbole n'est pas interdit aux non-hindous ; c'est l'emplacement et l'usage qui déterminent s'il est reçu comme un hommage ou comme un manque de respect.
Symboles proches
Le lotus et le mandala accompagnent souvent om dans l'iconographie. Ganesh, invoqué au commencement de toute entreprise, lui est étroitement associé. Les chakras reprennent la syllabe dans la tradition tantrique, où om est lié au chakra du troisième œil. Le khanda est un emblème sikh distinct, formé d'armes stylisées, à ne pas confondre avec les signes hindous. En messagerie, voyez l'emoji om.
Questions fréquentes
Que signifie le symbole om ?
Il représente la syllabe sacrée qui, dans l'hindouisme, contient la totalité du réel : le monde manifesté et l'absolu qui le dépasse. Ses trois sons sont associés aux états de veille, de rêve et de sommeil profond, et le silence final à la conscience pure.
Pourquoi dit-on om au yoga ?
La tradition du yoga fait de om un support de concentration : les Yoga-Sutras de Patanjali recommandent sa répétition. En cours, le chanter marque l'ouverture ou la clôture de la séance, rassemble l'attention du groupe et prolonge l'expiration. Rien n'oblige à le prononcer si vous n'êtes pas à l'aise.
Peut-on se faire tatouer om sans être hindou ?
Oui, mais en connaissance de cause. C'est un symbole religieux vivant : choisissez un tracé exact et un emplacement digne, en évitant les pieds et le bas du corps. Beaucoup d'hindous voient d'un bon œil un tatouage respectueux, et mal un usage purement décoratif ou provocateur.
Faut-il écrire om ou aum ?
Il s'agit de la même syllabe. En sanskrit, la voyelle « o » résulte de la fusion de « a » et « u » : écrire aum rend visibles les trois composantes analysées par les Upanishads, tandis que om correspond à la prononciation habituelle.