Solène, un prénom solennel venu de Chartres et de Bretagne
Solène vient du latin sollemnis, « solennel, célébré avec éclat » : c'est la forme féminine francisée du nom de saint Solenne, évêque de Chartres. L'explication par « soleil » ou « soleil-lune », souvent entendue, relève de l'étymologie populaire. Fêtée le 25 septembre, Solène a connu son apogée en France autour de l'an 2000.
Sollemnis, ce qui revient chaque année
L'adjectif latin sollemnis qualifiait à l'origine une cérémonie accomplie à date fixe, chaque année, avec les rites prescrits ; il a pris ensuite le sens de « solennel, grave, officiel ». Le mot a donné en français « solennel » et « solennité ». Comme nom de personne, Sollemnis ou Solemnis a été porté par saint Solenne, évêque de Chartres au début du VIe siècle, et son équivalent féminin a abouti à Solène. On rattache souvent à la même famille Solange, que certains auteurs font venir d'un latin Solemnia, prénom de l'une des saintes patronnes du Berry. Le prénom dit donc la gravité heureuse d'une fête, et non la lumière du soleil.
Solène et le soleil : une étymologie populaire
La ressemblance avec le latin sol, « soleil », a inspiré une autre lecture, très répandue : Solène serait « la solaire », voire la contraction de sol et luna, « soleil-lune ». Nominis cite cette hypothèse, proposée par des internautes, à côté de l'origine latine sollemnis. Les linguistes n'y voient qu'un rapprochement sonore : sol et sollemnis ne sont pas de la même racine. Cette image solaire, pourtant, a sans doute contribué à l'attrait du prénom, et elle nourrit les interprétations des dictionnaires de prénoms. La page Soline revient sur une sainte au nom proche, pour qui la lecture solaire est plus ancienne.
Portrait traditionnel de Solène
Les recueils décrivent Solène comme une femme lumineuse et chaleureuse, dotée d'un grand sens des responsabilités, sérieuse sans être austère, fidèle à ses engagements et très attachée à sa famille. Elle se montrerait en revanche assez réservée avec les inconnus. Ces traits combinent le sens de « solennel » et l'image solaire du prénom ; ils relèvent d'une convention et non d'une observation.
Saint Solenne, conseiller de Clovis
Nominis rattache Solène à Solenne et retient le 25 septembre, en fête locale. Saint Solenne fut évêque de Chartres sous le règne de Clovis, dont il aurait été un conseiller écouté ; la tradition le place aux côtés de saint Remi lors du baptême du roi franc. Le martyrologe romain le mentionne à Chartres, avant 533. Les familles qui préfèrent une sainte peuvent se tourner vers sainte Solange, jeune martyre du Berry au IXe siècle, fêtée le 10 mai, dont le nom est souvent rapproché du sien. Pour Soline, Nominis indique encore le 17 octobre.
Popularité : une vague des années 1990
Solène apparaît dans les registres de l'Insee à la fin des années 1950. La progression commence au début des années 1970 et s'accélère dans les années 1980 et 1990. La graphie Solène atteint son sommet en 2000, tandis que Solenne et la forme bretonne Solenn culminent un peu plus tôt, au milieu des années 1990. En additionnant ces orthographes, la décennie 1990 est la plus forte. Le recul est net à partir de 2005, et le prénom est devenu peu fréquent chez les nouveau-nées, au moment même où Soline, sa proche voisine, prenait son essor.
Solène, Solenne, Solenn : les graphies
| Graphie | Usage |
|---|---|
| Solène | Forme française la plus courante |
| Solenne | Graphie proche du nom latin du saint |
| Solenn | Forme bretonne |
| Solange | Prénom souvent rapproché, via Solemnia |
| Soline | Prénom voisin, sainte distincte |
La forme bretonne suit le modèle d'autres prénoms en -enn, où la double consonne finale remplace le e muet. Pour les prénoms apparentés, voyez Solange et Soline ; pour une évocation lunaire au son voisin, Sélène, qui vient pourtant du grec.
Quelques Solène et Solenn
L'actrice Solène Rigot, née en 1992, a tenu son premier grand rôle au cinéma dans Puppylove de Delphine Lehericey, après avoir joué dans Dix-sept filles ; elle est aussi musicienne. Dans le sport, Solène Ndama, spécialiste de l'heptathlon et du 100 mètres haies, a été championne d'Europe junior en 2017, et la gardienne de but Solène Durand a été sélectionnée en équipe de France de football pour la Coupe du monde 2019. La graphie bretonne est portée par l'actrice et chanteuse philippine Solenn Heussaff, née d'un père breton.
Numérologie de Solène
| S | O | L | E | N | E | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 6 | 3 | 5 | 5 | 5 | 25 |
1 + 6 + 3 + 5 + 5 + 5 = 25, qui se réduit en 2 + 5 = 7. Le nombre d'expression 7 désigne pour les numérologues la vie intérieure et la quête de vérité. Solenn arrive au même total, le second N compensant le E final. Solenne, qui cumule les deux, donne 30, soit 3 : chaque graphie ouvre une lecture différente.
Questions fréquentes
Quelle est l'origine du prénom Solène ?
Solène vient du latin sollemnis, « solennel », adjectif qui désignait une cérémonie annuelle célébrée avec éclat. Il fut le nom d'un évêque chartrain du VIe siècle, saint Solenne. Le rapprochement avec sol, « soleil », est une étymologie populaire, séduisante mais sans fondement linguistique.
Quand fête-t-on les Solène ?
Le 25 septembre, avec saint Solenne, évêque de Chartres, date indiquée par Nominis pour Solène, Solenne, Sélène et Soline. On peut aussi retenir le 10 mai, fête de sainte Solange, martyre du Berry, dont le prénom est souvent rattaché à la même famille latine.
Solène, Solenne ou Solenn : quelle orthographe ?
Les trois sont admises. Solène est la plus courante en France, Solenne reste proche du nom du saint, et Solenn, avec deux n et sans e final, est la forme bretonne. La prononciation est identique, avec un e ouvert. Le choix dépend souvent d'une attache régionale ou d'une préférence esthétique.