Oiseau de paradis : une fleur baptisée d'après un oiseau légendaire
La fleur appelée oiseau de paradis symbolise l'évasion, l'exotisme et une beauté qui se donne en spectacle. C'est le nom commun du strelitzia, emprunté à de véritables oiseaux de Nouvelle-Guinée aux parures extravagantes. La plante elle-même, son histoire royale et son sens détaillé sont présentés sur la page strelitzia.
Un surnom pour le strelitzia
En français, « oiseau de paradis » désigne d'abord Strelitzia reginae, plante sud-africaine dont la fleur, sortant d'une spathe horizontale comme d'un bec, se hérisse d'une crête orange et d'une pointe bleue. Tout ce qui concerne sa découverte, sa dédicace à la reine Charlotte et sa symbolique propre figure sur la page strelitzia. Ici, c'est le nom populaire qui nous intéresse : pourquoi les Européens ont-ils comparé cette fleur à un oiseau venu d'une tout autre partie du monde, et ce que ce rapprochement a ajouté à son image. Le même surnom s'applique parfois à un arbuste à fleurs jaunes et étamines rouges, source de confusions en jardinerie.
Les vrais oiseaux de paradis
Les oiseaux de paradis forment la famille des Paradisaeidés : une quarantaine d'espèces vivant surtout en Nouvelle-Guinée, dans les îles voisines de l'est de l'Indonésie et dans le nord-est de l'Australie. Les mâles de nombreuses espèces portent des plumes démesurées, filaments, capes ou éventails aux couleurs métalliques, qu'ils déploient lors de parades nuptiales très codifiées, parfois en groupe sur des arbres de démonstration. Les femelles, plus ternes, choisissent leur partenaire au terme de ces spectacles. Le naturaliste britannique Alfred Russel Wallace les a observés au XIXe siècle et en a rapporté des descriptions célèbres.
La légende des oiseaux sans pattes
Les premières dépouilles arrivent en Espagne en 1522, rapportées par les survivants de l'expédition de Magellan. Les chasseurs locaux, qui préparaient les peaux pour le commerce, retiraient pattes et parfois ailes. Les Européens en déduisirent que ces oiseaux n'avaient pas de pattes, vivaient en vol permanent dans les hauteurs, se nourrissaient de rosée et ne touchaient terre qu'à leur mort : de là le nom d'oiseaux « du paradis ». Linné perpétue la légende en 1758 en nommant une espèce Paradisaea apoda, « sans pieds ». Quand les botanistes découvrent le strelitzia, la comparaison avec ces créatures mythiques s'impose pour sa silhouette de tête huppée.
Plumes, modes et protection
Entre les années 1880 et la Première Guerre mondiale, les plumes d'oiseaux de paradis ornent les chapeaux des élégantes européennes et américaines, ce qui entraîne une chasse massive. Des lois limitent ensuite ce commerce, et les espèces sont aujourd'hui protégées. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, un oiseau de paradis figure sur le drapeau national, et les plumes restent portées lors de cérémonies traditionnelles. La fleur a hérité de cette histoire une double image : luxe ostentatoire d'un côté, liberté sauvage de l'autre. Offrir un oiseau de paradis végétal, c'est choisir la parure sans la chasse.
Sens en fleuristerie
| Usage | Message attribué |
|---|---|
| Tige seule dans un vase haut | Singularité, assurance |
| Bouquet tropical | Évasion, joie, invitation au voyage |
| Composition d'accueil ou de réception | Prestige, réussite |
| Composition graphique minimaliste | Modernité, audace |
| Cadeau à un homme | Force élégante, originalité |
Chaque spathe contient plusieurs fleurs qui sortent l'une après l'autre ; un fleuriste peut aider délicatement la suivante à se dégager pour prolonger le spectacle. La fleur coupée tient longtemps en vase, mais craint le froid.
L'oiseau de paradis en tatouage
Le tatouage d'oiseau de paradis joue souvent sur l'ambiguïté du nom. Certains dessinent la fleur seule, en orange et bleu vif ; d'autres la font littéralement s'envoler, les pétales se prolongeant en plumes, ou l'associent à un oiseau de paradis véritable aux longues plumes caudales. Le message évoque la liberté, l'envie d'ailleurs, la séduction assumée ou une métamorphose personnelle. Pour une personne originaire de Papouasie-Nouvelle-Guinée, l'oiseau est aussi un emblème national. Le motif, très coloré, se place bien sur l'épaule, le mollet ou la cuisse.
Rêver d'oiseau de paradis
Selon les interprètes des rêves, voir un oiseau de paradis, fleur ou animal, annonce une période de reconnaissance où vos talents seront remarqués. Une fleur qui se transforme en oiseau traduirait le passage d'un projet imaginé à sa réalisation ; un oiseau sans pattes qui ne peut se poser, une difficulté à s'ancrer ou à trouver sa place. Psychologiquement, ce motif exprime le désir de briller et de s'évader du quotidien. Voir aussi rêver d'oiseau et rêver de paradis.
Questions fréquentes
Pourquoi appelle-t-on le strelitzia oiseau de paradis ?
Parce que sa fleur ressemble à la tête d'un oiseau huppé, et que les Européens connaissaient déjà les oiseaux de paradis de Nouvelle-Guinée, réputés fabuleux. Ces oiseaux devaient leur nom à une légende née de dépouilles sans pattes, qui faisait d'eux des créatures vivant toujours en vol, près du ciel.
Les oiseaux de paradis existent-ils vraiment ?
Oui, ce sont des oiseaux bien réels de la famille des Paradisaeidés, présents surtout en Nouvelle-Guinée et dans l'est de l'Indonésie. Les mâles arborent des plumes spectaculaires utilisées lors de parades amoureuses. Ils ont évidemment des pattes : la légende contraire vient de peaux préparées sans elles.
Combien de temps dure un oiseau de paradis en vase ?
Une tige bien soignée reste décorative une à deux semaines, souvent davantage si l'on aide les fleurs successives à sortir de la spathe. Recoupez la tige régulièrement, changez l'eau et placez le vase loin des sources de froid, car la fleur tropicale supporte mal les basses températures.