Le nénuphar, fleur des eaux calmes, à ne pas confondre avec le lotus
Le nénuphar signifie la pureté du cœur, le calme intérieur et la capacité à s'épanouir en surface malgré les profondeurs troubles. On le confond souvent avec le lotus, qui porte un symbolisme voisin, mais ces deux plantes relèvent de lignées botaniques éloignées : Nymphaea d'un côté, Nelumbo de l'autre.
Une fleur de la surface
Les dictionnaires floraux anglais font du nénuphar blanc le symbole de la pureté du cœur, et certains y ajoutent l'éloquence ou la persuasion. Sa manière de fleurir explique ces lectures : les feuilles rondes flottent à plat, la fleur s'ouvre au ras de l'eau le matin et se referme souvent en fin de journée, dans un décor de calme absolu. Le nom latin Nymphaea rappelle les nymphes des sources et des rivières de la mythologie grecque. Le mot français « nénuphar », lui, est arrivé par le latin médiéval depuis l'arabe et le persan, où il désignait déjà ces plantes aquatiques. Au Moyen Âge, le nénuphar blanc avait une réputation d'apaiser les désirs, ce qui lui valait une place dans les jardins de monastères ; il s'agit d'une croyance ancienne, sans valeur médicale.
Nénuphar ou lotus : la distinction botanique
| Critère | Nénuphar (Nymphaea) | Lotus (Nelumbo) |
|---|---|---|
| Feuilles | Flottantes, entaillées d'une fente jusqu'au centre | Rondes sans fente, le plus souvent dressées au-dessus de l'eau |
| Fleurs | Au ras de l'eau ou légèrement au-dessus | Portées haut sur de longues tiges |
| Fruit | Mûrit sous l'eau | Capsule en pomme d'arrosoir, très reconnaissable |
| Feuille mouillée | L'eau s'étale | L'eau perle et roule : effet lotus |
| Parenté | Lignée ancienne de plantes à fleurs aquatiques | Plus proche du platane que du nénuphar |
La ressemblance vient d'une adaptation au même milieu, pas d'une parenté. Le « lotus » sacré de l'Égypte ancienne, bleu ou blanc, était en réalité un nénuphar. Le lotus d'Asie et ses sens bouddhistes sont présentés dans la page fleur de lotus.
Les nénuphars à connaître
En Europe, deux plantes indigènes ornent étangs et rivières lentes : le nénuphar blanc, Nymphaea alba, aux grandes fleurs parfumées, et le nénuphar jaune, Nuphar lutea, aux petites fleurs globuleuses, parfois appelé « jaunet d'eau ». Les bassins de jardin accueillent surtout des hybrides rustiques roses, rouges ou cuivrés. Les nénuphars tropicaux, bleus ou violets, fleurissent au-dessus de l'eau et certains s'ouvrent la nuit. Le plus spectaculaire est la Victoria géante d'Amazonie, dont les feuilles dépassent souvent deux mètres de diamètre et peuvent supporter le poids d'un jeune enfant bien réparti ; elle est la fleur nationale du Guyana. Au Bangladesh, le nénuphar blanc est aussi fleur nationale.
Monet et les Nymphéas
Claude Monet installe à Giverny, à partir de 1893, un jardin d'eau où il fait planter des nénuphars. Pendant près de trente ans, il peint plusieurs centaines de toiles consacrées à ce bassin, qu'il appelle ses « Nymphéas », du nom botanique de la plante. Le cycle culmine avec les grandes décorations offertes à l'État français au lendemain de l'armistice de 1918 et installées au musée de l'Orangerie, à Paris, en 1927, peu après la mort du peintre. Pour Monet, les nénuphars n'étaient pas un symbole mais un motif pour saisir la lumière, les reflets du ciel et le passage du temps sur l'eau. Ils sont pourtant devenus l'image même de la contemplation paisible.
Offrir ou cultiver un nénuphar
Le nénuphar ne se prête pas au bouquet : coupé, il se referme vite. On l'offre en plant, pour un bassin ou un grand bac étanche, à un jardinier amateur, pour une maison neuve avec terrasse, ou pour une personne qui aspire au calme. Il demande de l'eau dormante, au moins cinq à six heures de soleil et une profondeur adaptée à la variété. Plantez-le dans un panier de terre lourde recouverte de gravier. Les nénuphars ne se consomment pas : le nénuphar jaune, notamment, contient des alcaloïdes. Tenez les jeunes enfants éloignés des bassins, dont le vrai danger reste la noyade.
Le nénuphar en tatouage
Le nénuphar est choisi en tatouage pour évoquer la paix intérieure, la capacité à rester serein en surface quand tout s'agite en dessous, ou l'amour de la peinture impressionniste. Une fleur posée sur sa feuille fendue, parfois accompagnée d'une grenouille ou d'une libellule, se distingue immédiatement du lotus dressé sur sa tige. Les versions aquarelle reprennent souvent les bleus et mauves de Monet. Si c'est la dimension bouddhiste d'éveil qui vous intéresse, un lotus sera plus exact.
Rêver de nénuphar
S'il s'ouvre dans vos rêves, le nénuphar serait le signe d'une période sereine ou d'une relation apaisée, d'après les interprétations traditionnelles. Le voir s'ouvrir au soleil traduirait des émotions qui se libèrent ; marcher sur des feuilles de nénuphar, une situation instable que vous traversez avec légèreté, peut-être imprudente. Un étang couvert de nénuphars au point de cacher l'eau évoquerait des émotions que vous évitez d'examiner. Pour la psychologie, l'eau figure souvent l'inconscient, et la fleur ce qui en émerge. Voir rêver d'étang et rêver de grenouille.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un nénuphar et un lotus ?
Regardez les feuilles : fendues et posées à plat sur l'eau chez le nénuphar (Nymphaea), entières et souvent tenues en l'air chez le lotus (Nelumbo), dont la fleur fanée laisse une capsule en pomme d'arrosoir. La ressemblance est trompeuse : génétiquement, le lotus est plus proche du platane que du nénuphar.
Que signifie un tatouage de nénuphar ?
Il exprime le plus souvent le calme intérieur, la sérénité face aux difficultés et la pureté des sentiments. Certaines personnes le choisissent en référence à Monet et à Giverny. Il partage avec le lotus l'idée de beauté née d'une eau trouble, mais sans la dimension religieuse propre au bouddhisme et à l'hindouisme.
Pourquoi Monet a-t-il peint les nénuphars ?
Monet a lui-même créé le bassin de Giverny et y a fait planter des nénuphars pour disposer d'un motif changeant au fil des heures et des saisons. Il cherchait à peindre la lumière et les reflets plus que la fleur elle-même. Cette obsession a produit la série des Nymphéas, dont les grands panneaux de l'Orangerie.